Tout comme en France, la taxe sera de trois pour cent, probablement sur le chiffre d'affaires des entreprises, parce que leur bénéfice peut être habilement transféré vers leur société-mère.

C'est le ministre italien de l'économie, Roberto Gualtieri, qui a annoncé hier au Parlement l'arrivée de la taxe. "Il faut taxer là où c'est possible", a-t-il déclaré.

La 'tech-taxe' sera d'application, lorsqu'une entreprise réalisera un chiffre d'affaires de 750 millions d'euros ou plus, et dont l'activité 'services numériques' pèsera plus de 5,5 millions d'euros. L'Italie table ainsi sur 600 millions d'euros de rentrées supplémentaires.

La taxation des géants technologiques, aussi appelée taxe GAFA, est depuis quelques années déjà un sujet délicat au sein de l'Europe. Dans la pratique, la plupart des grandes entreprises technologiques possèdent leur siège dans un pays, où la taxe professionnelle est faible, comme par exemple en Irlande. Cela signifie que dans des pays membres de l'UE tels la France, l'Italie ou la Belgique, elles ne versent quasiment pas d'impôts, alors qu'une grande partie de leur chiffre d'affaires est réalisé dans ces états. Mais les pays membres de l'UE ne sont pas tous d'accord sur la façon dont ces entreprises doivent être taxées.

Certaines d'entre elles font preuve de pas mal d'habileté. C'est ainsi qu'Amazon opère pour l'Europe au départ du Luxembourg. Mais le bénéfice engrangé par sa filiale luxembourgeoise, est écrémé en versant des 'royalties' à une firme soeur autorisée à utiliser les licences d'Amazon au nom de la société-mère américaine. Or les rentrées de type 'royalty' sont taxées plus favorablement que les revenus habituels, ce qui permet à Amazon d'éluder des millions d'impôts.