La voiture autonome n'est pas encore pour demain, mais des fragments de la technologie requise sont entre-temps déjà testés, y compris chez nous. En présence du ministre flamand de la mobilité, Ben Weyts (N-VA), et du ministre flamand de l'économie et de l'innovation, Philippe Muyters (N-VA), l'Imec et ses partenaires ont présenté le projet-test 'Smart Highway': une infrastructure routière pour véhicules connectés.

La Flandre a investi 3,5 millions d'euros dans ce site de test permanent, mais les institutions universitaires et des partenaires privés y injectent aussi de l'argent. Via l'Imec et la KU Leuven, quelque 1,5 million d'euros ont été versés par l'Europe dans 'Smart Highway', qui fait partie du projet européen 'Concorda' mis en oeuvre également aux Pays-Bas, en Allemagne, en France et en Espagne.

"Ici sur l'E313 à Anvers, nous avons sciemment créé le test le plus sévère sur l'un des noeuds routiers les plus denses d'Europe", déclare Bart Lannoo, business development manager d'Imec/UAntwerpen, qui dirige le projet-test.

En attente du choix technologique

Un test a été réalise ce lundi à hauteur de la première infrastructure radio déployée sur l'E313 à Deurne. Il est conçu pour démontrer comment des véhicules connectés - équipés de modules radio sur le toit et d'une unité de calcul dans le coffre - freinent automatiquement, lorsqu'une voiture marque l'arrêt devant eux. Durant ce test, la communication s'effectue tant avec une variante wifi (ITS-G5) qu'avec le réseau 4G (dans ce cas avec Telenet et Ericsson). Le test montre aussi la différence avec le lidar plus lent: une technologie qui détermine la distance jusqu'à un objet ou une surface au moyen d'impulsions laser.

"Il est important qu'aucun choix technologique n'ait encore été fait. Les constructeurs automobiles n'ont encore rien décidé à propos de la technologie la plus adéquate. Nous prévoyons sciemment de tester ici simultanément plusieurs technologies", affirme Bart Lannoo. "La 5G, nous pourrons par exemple l'ajouter facilement par après en tant que technologie de test supplémentaire."

Ecosystème

Le projet 'Smart Highway' est ouvert aux constructeurs automobiles, opérateurs télécoms, fournisseurs de réseaux et d'applications. Toyota, BMW, Ericsson, Telenet et Septentrio notamment font déjà partie de l'écosystème. Côté recherche, l'UAntwerpen, l'Ugent, la VUB et la KU Leuven collaborent. Mais selon Lannoo, il y a à coup sûr encore de l'espace pour davantage de partenaires qui veulent se lancer dans l'expérimentation. Des collaborations supplémentaires sont déjà planifiées entre autres avec FLIR, Siemens et Accelleran. Dans ce dernier cas, la collaboration portera sur la 5G. L'objectif est d'étendre ultérieurement le site de test en direction du Ring d'Anvers, puis, si possible, vers les Pays-Bas. "Ici, on teste le réseau, où la vitesse et la stabilité sont essentielles. Pour nous, il s'agit aussi d'une étape importante vers les voitures autonomes", indique le ministre Philippe Muyters. Pour le ministre Ben Weyts, ce projet s'inscrit dans la volonté de réduire encore le nombre d'accidents et d'améliorer la fluidité du trafic. "Une erreur humaine est à la base de 90 pour cent des accidents. Les ordinateurs sont de meilleurs conducteurs que nous ou peuvent faire de nous de meilleurs chauffeurs. On a entre-temps aussi récolté le tant attendu fruit de l'augmentation de la sécurité routière, mais ce projet fournit des échelles permettant de cueillir d'autres fruits encore", conclut Weyts, qui s'attend à ce que les constructeurs automobiles rejoignent rapidement le projet. "Selon moi, l'adaptive cruise control et les limites de vitesse vont rapidement devenir des éléments d'origine dans les nouvelles voitures. D'autant plus que nous nous en tenons à notre plan d'utiliser beaucoup plus de contrôles de trajets."

Weyts entend y arriver par le biais de la double utilisation de caméras ANPR que l'ex-ministre de l'intérieur Jan Jambon a fait placer pour lutter contre la criminalité.