Voilà ce que prévoit Bill Tai, directeur de l'entreprise amstellodamoise Bitfury, qui s'est confié à l'agence de presse Bloomberg. Bitfury produit du software et du hardware utilisés pour extraire des monnaies virtuelles, telles le bitcoin. L'entreprise se livre elle-même aussi à ce type d'activité.

Le bitcoin est basé sur la chaîne de blocs, une sorte de journal de bord collectif dans lequel toutes les transactions sont tenues à jour. Ce registre est complété toutes les dix minutes par une nouvelle 'page' reprenant les dernières évolutions. Pour traiter en sécurité chaque complément, une formule mathématique complexe doit être résolue. Ce processus porte le nom de 'mining' en anglais et d'extraction en français. Le premier qui trouve la solution, reçoit une récompense de 12,5 bitcoins. Le bitcoin est à présent coté à un peu plus de 8.000 dollars, ce qui signifie que quasiment 82.000 euros ont été attribués à chaque fois, soit 11,7 millions d'euros par jour.

Lorsque le cours du bitcoin a explosé fin de l'année dernière jusqu'à titiller les 20.000 dollars à un moment donné, cela attira de nombreux mineurs et courtiers de tous poils. Bitfury n'a alors pu faire face à l'énorme demande et a même dû refuser des clients. Mais ensuite, le cours a nettement régressé. Lorsque la valeur du bitcoin est trop faible, son extraction coûte plus cher que ce qu'il rapporte. Les mineurs plus modestes seront les premiers à sombrer. Il ne subsistera en fait que quelque cinq à dix grandes entreprises, selon Tai.

Si des mineurs se regroupent et que d'autres disparaissent, les survivants en sortiront plus unis et donc plus forts. Ils pourront alors façonner le bitcoin à leur main. C'est ce qu'on appelle une attaque à 51 pour cent. ''Une seule organisation peut être assez puissante que pour perturber l'ensemble du réseau', met en garde l'analyste Lucas Nuzzi. (ANP)