Alors qu'un certain nombre de pays-membres de l'UE, Allemagne en tête, ont déjà élaboré une réglementation en vue de sanctionner les entreprises internet, qui autorisent trop longtemps la présence de messages de haine ou de propagande terroriste, la Commission européenne s'était jusqu'à présent montrée attentiste.

L'Europe demandait aux entreprises technologiques de prendre de leur plein gré des mesures visant à éviter la propagation de messages haineux et de propagande extrémiste, en brandissant la menace d'une réglementation. Des entreprises telles Facebook et Google ont consenti en contrepartie toujours plus d'efforts et ce, par le recours tant à des modérateurs humains qu'à l'apprentissage machine, formée pour identifier ce genre de messages.

Pour ce qui est de la propagande terroriste, les choses ne vont toutefois pas assez vite, selon l'UE. C'est ainsi que Julian King, commissaire européen en charge de la sécurité, explique au Financial Times que l'Europe n'observe "pas de progrès suffisant" et qu'elle "va agir plus vigoureusement en vue de mieux protéger ses citoyens".

Aussi pour les petites plates-formes

Les règles ne cibleront pas uniquement les grandes firmes technologiques, mais s'appliqueront à n'importe quel site web. "Les petites plates-formes disposent de moins de moyens pour s'opposer au contenu à caractère terroriste, alors que leur politique n'est pas toujours transparente. Tout cela fait en sorte que ce genre de contenu continue de se répandre via internet, voire y revient, après avoir été supprimé, pour passer de plate-forme à plate-forme", prétend le commissaire européen en charge de la sécurité au Financial Times.

Selon le journal d'affaires britannique, les sites web ne disposeraient plus que d'une heure pour supprimer le contenu considéré comme terroriste par la police et les instances juridiques compétentes. A propos des mesures éventuelles en vue d'empêcher la diffusion de fausses nouvelles et de messages de haine, les entreprises technologiques pourraient encore continuer de décider par elles-mêmes.

Les détails de l'ordonnance doivent encore être finalisés. La Commission européenne en publiera une proposition en septembre. Elle devra ensuite être approuvée par le Parlement européen et par une majorité de pays membres de l'UE.