Il s'agit en l'occurrence de recommandations que fera le commissaire européen en charge du marché numérique unifié Andrus Ansip. Ces recommandations ne seront pas légalement contraignantes, mais elles auront à coup sûr un poids politique.

Dans ces recommandations, que l'agence de presse Reuters a pu consulter, Ansip lance un appel à l'utilisation d'outils que l'Europe a précédemment déjà fixés dans la direction NIS (votée la semaine dernière en Belgique) notamment, et dans d'autres lois récentes. Il y plaide pour que les pays membres s'échangent davantage d'informations en matière de cyber-sécurité. Les états sont aussi invités à coopérer à propos d'études consacrées à l'impact des risques de sécurité, ainsi qu'à la certification d'appareils internet et de matériel 5G.

Point étonnant: les recommandations de la Commission européenne n'appellent pas à éviter Huawei en tant que fournisseur télécom. Et ce, malgré la pression américaine de bannir l'acteur chinois par crainte d'espionnage. Selon Reuters, l'Europe ignore donc complètement la demande américaine.

Les états membres de l'UE sont libres de refuser ou non un acteur déterminé. Plus tôt ce mois-ci, l'Allemagne avait ainsi déclaré vouloir imposer des exigences plus strictes aux fournisseurs de matériel télécom, mais ce renforcement des règles s'appliquera à tous les acteurs et pas uniquement aux entreprises chinoises.

Cela fait pas mal de temps déjà qu'Huawei est dans le collimateur des Etats-Unis, parce que selon les autorités américaines, cette entreprise se livrerait à des actes d'espionnage au profit du gouvernement chinois. Cela n'a cependant jamais encore été prouvé et est fermement démenti par Huawei et par la Chine. Récemment, l'Europe a elle aussi adopté un point de vue, par lequel elle lance un avertissement à la Chine, mais sans pour autant viser Huawei même.