La phase d'investissement a été dirigée par les investisseurs de capitaux de croissance Lead Edge Capital, Lone Pine Capital et Vitruvian Partners. Quant aux investisseurs précédents, tels Andreessen Horowitz et Baillie Gifford, ils ont étoffé leur participation dans TransferWise. Le fonds d'investissement BlackRock y a aussi pris part. A ce jour, l'entreprise a déjà recueilli 689 millions de dollars en financement primaire et secondaire. Sa valeur marchande atteindrait ainsi les 3,5 milliards de dollars.

Transferwise n'avait pas directement besoin de capital frais. L'argent sera en fait utilisé pour régler les options d'actions de tout un chacun ayant déjà participé à la progression de la startup. "Nous voulons attirer du talent, mais pour une petite startup, il s'avère souvent malaisé de concurrencer, sur le plan des salaires, les grandes banques ou les entreprises technologiques confirmées. Voilà pourquoi quiconque commence à travailler pour Transferwise, a aussi droit à des options d'actions. Et à présent, nous sommes donc à même de récompenser les investisseurs, qui ont cru en nous dès le début, ainsi que nos premiers employés", explique la porte-parole Magali Van Bulck.

Pour éviter les coûts durant ces versements, les transactions s'effectuent du reste via le service TransferWise Business, selon elle: "Ce faisant, l'argent peut être viré automatiquement en dollars, car la plupart des investisseurs sont des Américains."

Que fait précisément Transferwise?

TransferWise fournit une plate-forme permettant de transférer de l'argent à l'étranger. L'entreprise disruptive se targue d'être en la matière jusqu'à huit fois plus économique que les banques traditionnelles, parce qu'elle ne doit pas facturer de commissions sur les cours de change. Cela s'applique aux utilisateurs qui veulent transférer de l'argent dans une direction à des gens qui, eux, en envoient dans l'autre sens.

Si vous effectuez par exemple un virement sur un compte en Grande-Bretagne, l'argent aboutit d'abord sur le compte européen de TransferWise, qui transfert alors le même montant de son compte britannique vers le destinataire. Ce faisant, les transferts demeurent toujours dans la même zone monétaire.

L'entreprise mène en même temps aussi campagne en vue de supprimer les pratiques traditionnelles de coûts cachés et de piètres cours de change. En Europe, on prépare une ordonnance en vue de réduire le coût des paiements transfrontaliers et de les rendre plus transparents. Il est possible que l'Australie opte pour une approche similaire. Le gouvernement a en effet demandé à la commission australienne en charge des compétitions et des consommateurs d'étudier la question.

"Le monde tend de plus en plus vers une manière transparente de faire des affaires, et nous voulons en être une partie prenante", explique Nimay Mehta, General Partner chez Lead Edge Capital, par voie de communiqué de presse. "Les paiements internationaux sont un méga-marché qui était jusqu'à présent dominé par les banques, lesquelles maintenaient leurs tarifs artificiellement élevés et proposaient un service lent. TransferWise a changé tout cela. Pour la première fois, les gens peuvent à présent transférer de l'argent dans le monde entier au cours de change réel et à un tarif transparent. Ce n'est dès lors pas un miracle que cinq millions de personnes y ont recours. TransferWise possède à présent davantage de possibilités encore pour croître, afin que les législateurs d'Europe à l'Australie considèrent cette transparence comme la nouvelle norme."

"Au bout de huit ans, nous n'en sommes encore qu'au début avec TransferWise", ajoute le CEO Kristo Käärmann. "Le plus important pour nous, c'est de permettre à nos utilisateurs d'économiser pas mal d'argent grâce à notre modèle transparent à moindre coût. Aujourd'hui, cela représente plus d'un milliard d'euros par an, mais des centaines de milliards peuvent encore venir s'y ajouter. Le fait que l'UE ait pris des mesures pour bannir les coûts insidieux d'un piètre cours de change, représente un gigantesque pas dans la bonne direction. Les investisseurs trouvent que notre modèle, qui est à présent rendu légalement obligatoire en Europe, est le meilleur pour les consommateurs et que c'est là que réside l'avenir pour le reste du secteur. Nous aspirons à ce que cette législation soit également introduite ailleurs dans le monde."

Bientôt à Bruxelles

Depuis sa fondation en 2011, l'entreprise 'fintech', dont le siège se trouve à Londres, a crû très vite. Elle occupe aujourd'hui 1.600 personnes réparties dans 12 filiales, et elle entend en recruter 750 de plus au cours des 12 prochains mois.

L'entreprise a reçu l'autorisation de la part de la Banque Nationale pour être active dans notre pays. Voilà qui devrait faire en sorte que les utilisateurs de TransferWise bénéficient du même service en cas d'un 'no deal'-brexit.

"Nous avons toujours dit que nous ouvririons notre filiale à Bruxelles avant le brexit. Comme ce dernier a été reporté au 31 octobre, nous avons pris un peu plus de temps pour élaborer un bon projet. La filiale ouvrira ses portes dans les prochains mois, assurément avant le brexit", promet Van Bulck.