Avec la percée des appareils électroménagers intelligents (connectés), davantage de données sont générées. S'il n'en tient qu'au ministère de l'intérieur allemand, les services de polices pourraient utiliser ces données, selon certains médias allemands. Dans le cas d'un délit, la police pourrait ainsi savoir si, disons, un frigo ou une lampe ont été utilisés dans une habitation à un moment précis.

Mais parmi ces appareils intelligents, on trouve aussi des haut-parleurs tels le Google Home ou l'Alexa d'Amazon, qui peuvent écouter (passivement) ce qui se dit dans une maison.

Le ministère allemand signale que les indices numériques prennent de plus en plus d'importance, mais qu'il manque un support légal pour permettre aux autorités d'accéder à ces données. Et d'insister sur le fait qu'il s'agit là d'une première étape dans le débat et donc pas encore d'un accès garanti.

Mais la collecte de données personnelles est un sujet très sensible. L'Allemagne de l'Est a vécu des décennies sous le coup d'un système, où la Stasi mettait massivement sur écoute les citoyens et incitait l'espionnage entre citoyens, parfois même par des membres de la famille, voire par les conjoints. Plusieurs politiciens ont donc déjà fait savoir qu'ils n'accepteraient pas ce genre d'accès ou qu'ils le toléreraient uniquement dans des conditions très strictes.

Ce sont en fin de compte les fabricants de ces appareils qui doivent donner ce type d'accès. Amazon a déjà affirmé qu'elle ne transférerait ce genre de données aux autorités qu'avec un mandat juridique et a ajouté qu'elle refuserait les amples questionnements ou les requêtes incongrues.