Il ne s'agit pour l'instant encore que d'une version provisoire du projet que l'agence de presse Reuters a pu consulter. Selon le document, l'Allemagne entend d'ici 2025 investir en tout quelque trois milliards d'euros dans l'intelligence artificielle nationale. Elle veut ainsi combler l'écart qui la sépare des Etats-Unis et de l'Asie

Cadre social

Le projet stipule que l'AI et la technologie numérique représentent autant de défis à relever par l'économie allemande surtout orientée vers l'exportation, qui repose majoritairement sur l'industrie. Mais il insiste aussi sur la nécessité de créer un cadre pour la politique sociale et le respect de la vie privée.

"Nous voulons promouvoir l'utilisation d'applications AI au sein des entreprises", peut-on lire dans le projet, mais en apportant la nuance, selon laquelle une technologie qui aura un tel impact, doit s'inscrire dans un cadre, où les valeurs sociales fondamentales et les droits individuels doivent être protégés."

En Flandre, le ministre de l'innovation, Philippe Muyters, avait annoncé début octobre vouloir investir trente millions d'euros par an pour permettre à la Région flamande de rattraper son retard dans le domaine de l'AI. Et au niveau fédéral, le ministre en charge de l'agenda numérique, Alexander De Croo, a présenté le mois dernier un panel de trente experts appelés à mettre en oeuvre une stratégie AI belge.

Moins que la Flandre et la France

Si l'on compare les chiffres flamands et allemands, la Flandre investit quelque 5,66 euros par an et par habitant. En Allemagne, l'investissement est de 5,18 euros par habitant.

Mais la France fait encore mieux. Le président Macron a promis en effet à l'horizon 2022 un milliard et demi d'euros d'aide publique à l'AI. Cela revient sur quatre ans et compte tenu des 67,12 millions d'habitants à 5,59 euros par an et par habitant.