L’Agence spatiale européenne met un terme à sa coopération avec Moscou

ExoMars Rover. © ESA

L’Agence spatiale européenne (ESA) a annoncé mettre un terme définitif à sa coopération avec la Russie sur la mission ExoMars, qu’elle avait suspendue depuis plusieurs mois à la suite de l’invasion de l’Ukraine, ce qui a provoqué la colère de l’agence spatiale russe.

Mardi soir, le directeur de l’ESA, Josef Aschbacher a annoncé dans un tweet laconique avoir été mandaté par son conseil “pour mettre officiellement un terme” à la coopération avec Roscosmos sur ExoMars. “Les circonstances ayant conduit à la suspension de cette coopération – la guerre en Ukraine et les sanctions qui en découlent – continuent à prévaloir”, a-t-il justifié.

Contactée par l’AFP, l’ESA n’a pas commenté davantage cette annonce. Le 17 mars dernier, l’agence spatiale, qui regroupe 22 États européens, avait annoncé la suspension de la mission prévoyant le lancement à l’automne 2022 d’un rover de l’ESA à destination de la planète Mars, à l’aide d’un lanceur et d’un atterrisseur russes.

Dénonçant un “sabotage”, le chef de Roscosmos Dmitri Rogozine a demandé à l’équipage russe de la Station spatiale internationale (ISS) “d’arrêter de travailler” avec le bras robotique de l’ESA dédié au segment russe de la station orbitale, tout juste installé. “Josef Aschbacher (…) est-il prêt à répondre du sabotage d’une mission martienne conjointe?”, a réagi le chef l’agence spatiale russe Roscosmos, Dmitri Rogozine, sur Telegram. “À mon tour, je donne l’ordre à notre équipage sur l’ISS d’arrêter de travailler avec le manipulateur européen ERA”, a-t-il dit.

Lancé en orbite en juillet 2021 après maints retards, le bras télescopique robotisé ERA (European Robotic Arm) a été installé il y a quelques mois à l’extérieur du module russe de l’ISS. Long de 11 mètres, il permet d’effectuer des tâches de maintenance ou d’équipement, principalement sur le segment russe, et peut être dirigé depuis l’intérieur ou l’extérieur de la station.

Le directeur de l’ESA a fait état récemment d'”intenses discussions” avec la Nasa pour conclure avec elle un “bon partenariat” permettant de sauver la mission ExoMars. Celle-ci doit forer en profondeur le sol de la planète rouge, en quête de traces d’une vie extra-terrestre.

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