Kik Interactive est surtout connue pour son application de clavardage Kik, mais cette appli va s'interrompre bientôt. La raison en est la monnaie virtuelle Kin, de la même entreprise, à propos de laquelle Kik Interactive est en litige avec le contrôleur boursier américain SEC.

Dans un communiqué posté sur son blog, le CEO Ted Livingston s'en prend durement à la Securities and Exchange Commission, même si cela semble être avant tout une tentative de protéger l'image de son entreprise. Selon Livingston, sa firme n'a d'autre choix que d'enregistrer sa monnaie virtuelle Kin en tant que moyen financier, sous peine d'être impliquée dans un coûteux procès.

Le SEC a ciblé le Kin dès son lancement. Le contrôleur boursier soupçonne que le Kin, en tant que monnaie virtuelle, soit surtout un moyen pour Kik Interactive d'engranger de l'argent, tout en contournant la législation financière et les devoirs qui vont de pair.

Livingston déclare qu'il a fait le choix "d'aller de l'avant et de se battre". Il reproche au SEC de sortir ses déclarations de leur contexte et fait observer que le Kin, qui repose sur la chaîne de blocs Ethereum, "est la crypto-monnaie la plus utilisée au monde". Il évoque ainsi 2 millions d''earners' actifs mensuels et 600.000 'spenders' actifs mensuels.

Il nous faut faire observer ici que Livingston n'étaie pas ses propos. Les mini-listes des crypto-monnaies les plus populaires reprennent notamment le Bitcoin, l'Ethereum, le Litecoin, le Ripple, le Monero et d'autres encore, mais le Kin n'y figure nulle part.

Phase de licenciements

Même si le communiqué de Livingston évoque plutôt une histoire de type David contre Goliath d'une petite entreprise opposée au puissant régulateur, il semble surtout que Kik Interactive veuille licencier la grande majorité de son personnel pour ne plus se focaliser désormais que sur sa monnaie virtuelle.

Livingston entend ainsi conserver une "équipe élitiste de 19 personnes" et licencier plus de cent collaborateurs. L'entreprise va pleinement tenter de convaincre les utilisateurs du Kin d'acheter eux-mêmes aussi cette monnaie.

On ne sait pas encore quant Kik s'arrêtera en tant qu'appli de clavardage. L'appli même s'est fait connaître parmi les jeunes, mais elle a aussi un côté négatif. Comme elle est relativement facile à utiliser de manière anonyme, elle est aussi régulièrement employée par des pédophiles souhaitant partager (en direct) des images d'abus sexuels.