Le Directorat Général Transformation Numérique est une composante du SPF Stratégie et Appui (BOSA). Il s'agit là d'un service public qui supporte surtout d'autres services et veille à ce que les autorités fournissent des solutions par voie numérique en interne, mais aussi aux citoyens et aux entreprises.

Hamande n'est pas un inconnu au sein du gouvernement fédéral. Entre 2009 et 2012, il délaissa en effet Cisco pour rejoindre le SPF Personnel et Organisation. Fin 2012, il devint director public affairs chez Belgacom (aujourd'hui Proximus) pour prendre un an plus tard la direction du régulateur télécom, l'IBPT. Au bout de huit ans, il a donc quitté ce dernier pour diriger le DG Transformation Numérique depuis la mi-septembre, un mandat qui court sur sept ans.

Selon Hamande, c'est le moment idéal pour prendre la charge du service. 'C'est fantastique d'occuper ce poste actuellement. La numérisation des pouvoirs publics se déroule très rapidement. Surtout dans la perspective du plan de relance et de l'ambition du secrétaire d'Etat (Mathieu Michel, ndlr), nous voulons encore accélérer les choses et les traduire en projets.'

Ces accents figuraient déjà dans l'accord gouvernemental: les services publics doivent être autant que possible numériques et ce, tant pour les citoyens que pour les entreprises. Mais cela peut désormais aller encore plus vite grâce au... corona.

'C'est un accélérateur tant en matière de télétravail que de collaboration numérique. On le constate aussi dans les millions de messages qui sont échangés via nos plates-formes. Le DG Transformation Numérique fournit 450 services de données différents qui, sur autorisation, donnent accès à plus de 60 sources publiques pour plus de 300 'clients', où des millions de messages sont expédiés. On parle alors en moyenne de 73 millions de messages par mois qui sont échangés entre pouvoirs publics, citoyens et entreprises avec des pics jusqu'à cent millions par mois. Le DG Transformation Numérique est une grande maison de production. C'est la connexion entre diverses organisations. Il s'assure que les données soient transférées de manière fluide. Il remplit également un rôle de conseiller et de facilitateur en stimulant la transformation numérique des autres pouvoirs publics et des entreprises en développant une série de services et en les mettant à disposition.'

Digital et inclusif

Les chantiers ne manquent pas, mais Hamande distingue trois grandes priorités pour son SPF BOSA. Créer un service 'digital native', assurer une cyber-sécurité suffisante et davantage d'innovations, par exemple au moyen d'écosystèmes et de partenariats.

On entend encore trop souvent qu'il serait possible de rendre les choses plus simples, anytime anywhere.

Pour la première priorité, il est question notamment d'intégrer différents services en Belgique, mais aussi du Single Digital Gateway (un port d'accès numérique pour toutes informations, procédures et services au sein de l'Europe, par exemple pour quiconque souhaite étudier dans un autre pays ou y démarrer une entreprise). 'On entend encore trop souvent qu'il serait possible de rendre les choses plus simples, anytime anywhere.

Le volet sécurité est surtout lié à la situation actuelle du monde. A cause des cyber-attaques et des tentatives de subtiliser des données aux citoyens, aux entreprises et aux autorités, il est crucial que les services numériques soient les plus sûrs possible.

Ecosystèmes

A propos des écosystèmes et des partenariats, Hamande distingue plusieurs possibilités: 'Il peut s'agir de partenariats tant légers que lourds, comme par exemple mener des entretiens réguliers avec les utilisateurs, les entreprises, les universités ou des organisations comme Agoria ou Unizo. Mais nous devons aussi voir comment pouvoir collaborer de manière efficiente en matière de technologies, de contrats et de 'sourcing' au départ des autorités. Avec aussi la possibilité de conclure des partenariats.'

Un exemple parfait de ce dernier point, c'est itsme, qui a permis aux banques et aux opérateurs télécoms, conjointement avec les autorités, de mettre en oeuvre un contrôle d'identité en ligne pour les services publics et autres.

IBPT

A propos de sa période passée au sein de l'IBIPT, dont la première moitié en tant que président, Hamande se déclare satisfait: 'Nous avons veillé à ce qu'il y ait un nouvel acteur pour l'internet fixe (Orange, qui dispose aujourd'hui d'une offre TV et large débit complète via le réseau câblé de Telenet, ndlr). Il y a aussi une plus grande transparence à propos de la qualité des réseaux grâce au baromètre que l'IBPT publie régulièrement. Mais avec Meilleurtarif.be, nous avons aussi appelé à comparer les prix dans l'espoir que davantage de gens osent changer d'opérateur. Ce sont là des choses intéressantes, dont j'aime me souvenir.'

On assista à un doublement du trafic de réseau. Les gens passent nettement plus de temps en ligne que ce soit pour travailler ou dans d'autres buts, mais les réseaux en ont à peine pâti.

Mais en tant qu'ex-membre du conseil de l'IBPT, il se dit aussi fier de l'infrastructure télécom belge et du personnel actif chez le régulateur. 'Il y eut pas mal de défis à relever, surtout ces 18 derniers mois. On assista à un doublement du trafic de réseau. Les gens passent nettement plus de temps en ligne que ce soit pour travailler ou dans d'autres buts, mais les réseaux en ont à peine pâti. Tel n'a pas été le cas dans certains autre pays. La qualité était chez nous au rendez-vous, de bons accords ont été conclus avec toutes les parties concernées pour y arriver.'

Bien choisir, avant de penser à économiser

Grâce au plan de relance, des moyens ont aussi été dégages pour numériser. 'Le défi consiste à bien utiliser ces moyens et non pas à regarder d'abord dans quoi on peut économiser', explique Hamande. 'Il y a de l'espace pour moderniser et numériser en profondeur. Le défi consiste à identifier les événements de la vie des gens et à donner des réponses numériques à leurs besoins. Certains sont depuis longtemps déjà numérisés (par exemple Tax-On-Web, ndlr), mais il existe encore et toujours des processus à améliorer, y compris chez les entrepreneurs.

Et Hamande d'insister une fois encore sur le fait que son SPF BOSA est au service des autres pouvoirs publics et de la société: 'BOSA est partout, et tout ne cesse d'évoluer. Il y a des projets générés par les règles européennes, alors que d'autres sont destinés à donner des réponses numériques aux besoins des citoyens et des entreprises.'

Nous ne pouvons oublier que l'accès numérique représente encore et toujours un défi à relever pour beaucoup de citoyens.

Inclusif

Une nuance importante à apporter ici, c'est que le 'digital native' est également une affaire inclusive. 'Nous ne pouvons oublier personne. La ministre De Sutter (en charge des télécoms, ndlr) vient encore de lancer une initiative à ce propos. Nous ne pouvons oublier que l'accès numérique représente encore et toujours un défi à relever pour beaucoup de citoyens.' Il est alors question tant d'alphabétisation numérique que d'accès proprement dit. 'Il convient d'offrir l'accès à tout un chacun. Donc si on parle d'accès numérique, il doit aussi être possible pour quiconque ne possède pas de smartphone. C'est là que nous avons encore du pain sur la planche.'

Pour terminer, Hamande entend également mettre l'accent sur la collaboration. 'Accueillir le numérique à bras ouverts, c'est aussi dialoguer avec toutes les parties concernées. Si nous voulons y arriver, nous devons définir les priorités indispensables et accorder de l'attention à tout le monde. J'espère donc que nous pourrons nous engager conjointement, afin d'identifier tous les défis.'

Le Directorat Général Transformation Numérique est une composante du SPF Stratégie et Appui (BOSA). Il s'agit là d'un service public qui supporte surtout d'autres services et veille à ce que les autorités fournissent des solutions par voie numérique en interne, mais aussi aux citoyens et aux entreprises.Hamande n'est pas un inconnu au sein du gouvernement fédéral. Entre 2009 et 2012, il délaissa en effet Cisco pour rejoindre le SPF Personnel et Organisation. Fin 2012, il devint director public affairs chez Belgacom (aujourd'hui Proximus) pour prendre un an plus tard la direction du régulateur télécom, l'IBPT. Au bout de huit ans, il a donc quitté ce dernier pour diriger le DG Transformation Numérique depuis la mi-septembre, un mandat qui court sur sept ans.Selon Hamande, c'est le moment idéal pour prendre la charge du service. 'C'est fantastique d'occuper ce poste actuellement. La numérisation des pouvoirs publics se déroule très rapidement. Surtout dans la perspective du plan de relance et de l'ambition du secrétaire d'Etat (Mathieu Michel, ndlr), nous voulons encore accélérer les choses et les traduire en projets.'Ces accents figuraient déjà dans l'accord gouvernemental: les services publics doivent être autant que possible numériques et ce, tant pour les citoyens que pour les entreprises. Mais cela peut désormais aller encore plus vite grâce au... corona.'C'est un accélérateur tant en matière de télétravail que de collaboration numérique. On le constate aussi dans les millions de messages qui sont échangés via nos plates-formes. Le DG Transformation Numérique fournit 450 services de données différents qui, sur autorisation, donnent accès à plus de 60 sources publiques pour plus de 300 'clients', où des millions de messages sont expédiés. On parle alors en moyenne de 73 millions de messages par mois qui sont échangés entre pouvoirs publics, citoyens et entreprises avec des pics jusqu'à cent millions par mois. Le DG Transformation Numérique est une grande maison de production. C'est la connexion entre diverses organisations. Il s'assure que les données soient transférées de manière fluide. Il remplit également un rôle de conseiller et de facilitateur en stimulant la transformation numérique des autres pouvoirs publics et des entreprises en développant une série de services et en les mettant à disposition.'Digital et inclusifLes chantiers ne manquent pas, mais Hamande distingue trois grandes priorités pour son SPF BOSA. Créer un service 'digital native', assurer une cyber-sécurité suffisante et davantage d'innovations, par exemple au moyen d'écosystèmes et de partenariats.Pour la première priorité, il est question notamment d'intégrer différents services en Belgique, mais aussi du Single Digital Gateway (un port d'accès numérique pour toutes informations, procédures et services au sein de l'Europe, par exemple pour quiconque souhaite étudier dans un autre pays ou y démarrer une entreprise). 'On entend encore trop souvent qu'il serait possible de rendre les choses plus simples, anytime anywhere.Le volet sécurité est surtout lié à la situation actuelle du monde. A cause des cyber-attaques et des tentatives de subtiliser des données aux citoyens, aux entreprises et aux autorités, il est crucial que les services numériques soient les plus sûrs possible.EcosystèmesA propos des écosystèmes et des partenariats, Hamande distingue plusieurs possibilités: 'Il peut s'agir de partenariats tant légers que lourds, comme par exemple mener des entretiens réguliers avec les utilisateurs, les entreprises, les universités ou des organisations comme Agoria ou Unizo. Mais nous devons aussi voir comment pouvoir collaborer de manière efficiente en matière de technologies, de contrats et de 'sourcing' au départ des autorités. Avec aussi la possibilité de conclure des partenariats.'Un exemple parfait de ce dernier point, c'est itsme, qui a permis aux banques et aux opérateurs télécoms, conjointement avec les autorités, de mettre en oeuvre un contrôle d'identité en ligne pour les services publics et autres.A propos de sa période passée au sein de l'IBIPT, dont la première moitié en tant que président, Hamande se déclare satisfait: 'Nous avons veillé à ce qu'il y ait un nouvel acteur pour l'internet fixe (Orange, qui dispose aujourd'hui d'une offre TV et large débit complète via le réseau câblé de Telenet, ndlr). Il y a aussi une plus grande transparence à propos de la qualité des réseaux grâce au baromètre que l'IBPT publie régulièrement. Mais avec Meilleurtarif.be, nous avons aussi appelé à comparer les prix dans l'espoir que davantage de gens osent changer d'opérateur. Ce sont là des choses intéressantes, dont j'aime me souvenir.'Mais en tant qu'ex-membre du conseil de l'IBPT, il se dit aussi fier de l'infrastructure télécom belge et du personnel actif chez le régulateur. 'Il y eut pas mal de défis à relever, surtout ces 18 derniers mois. On assista à un doublement du trafic de réseau. Les gens passent nettement plus de temps en ligne que ce soit pour travailler ou dans d'autres buts, mais les réseaux en ont à peine pâti. Tel n'a pas été le cas dans certains autre pays. La qualité était chez nous au rendez-vous, de bons accords ont été conclus avec toutes les parties concernées pour y arriver.'Grâce au plan de relance, des moyens ont aussi été dégages pour numériser. 'Le défi consiste à bien utiliser ces moyens et non pas à regarder d'abord dans quoi on peut économiser', explique Hamande. 'Il y a de l'espace pour moderniser et numériser en profondeur. Le défi consiste à identifier les événements de la vie des gens et à donner des réponses numériques à leurs besoins. Certains sont depuis longtemps déjà numérisés (par exemple Tax-On-Web, ndlr), mais il existe encore et toujours des processus à améliorer, y compris chez les entrepreneurs.Et Hamande d'insister une fois encore sur le fait que son SPF BOSA est au service des autres pouvoirs publics et de la société: 'BOSA est partout, et tout ne cesse d'évoluer. Il y a des projets générés par les règles européennes, alors que d'autres sont destinés à donner des réponses numériques aux besoins des citoyens et des entreprises.'Une nuance importante à apporter ici, c'est que le 'digital native' est également une affaire inclusive. 'Nous ne pouvons oublier personne. La ministre De Sutter (en charge des télécoms, ndlr) vient encore de lancer une initiative à ce propos. Nous ne pouvons oublier que l'accès numérique représente encore et toujours un défi à relever pour beaucoup de citoyens.' Il est alors question tant d'alphabétisation numérique que d'accès proprement dit. 'Il convient d'offrir l'accès à tout un chacun. Donc si on parle d'accès numérique, il doit aussi être possible pour quiconque ne possède pas de smartphone. C'est là que nous avons encore du pain sur la planche.'Pour terminer, Hamande entend également mettre l'accent sur la collaboration. 'Accueillir le numérique à bras ouverts, c'est aussi dialoguer avec toutes les parties concernées. Si nous voulons y arriver, nous devons définir les priorités indispensables et accorder de l'attention à tout le monde. J'espère donc que nous pourrons nous engager conjointement, afin d'identifier tous les défis.'