Même pas un an après l'annonce de 'BRU 3', le fournisseur de colocations Interxion, dont l'appellation compète est Interxion: A Digital Realty Company, fait grand cas de son prochain grand chantier: 'BRU 4'. Il est question d'un centre de données de trois étages, fournissant 13,6 mégawatts de courant aux clients et occupant une surface de 6.700 mètres carrés consacrée aux serveurs de ces derniers.

Le nouveau centre de données sera construit entièrement à partir de zéro, mais le choix de l'emplacement, à proximité de BRU 3 à Zaventem, est dû en partie à celui - difficile s'il en est - de fermer BRU 2. 'Lorsqu'on se lance dans la construction d'un centre de données, l'objectif est d'y rester à long terme. Mais le bâtiment que nous occupions avec BRU 2, a été vendu en vue d'y créer des kots d'étudiants', explique Dirk van de Geer, managing director d'Interxion.

'Notre contrat de location courait sur quelques années encore, mais le fait est qu'un bâtiment plein de kots d'étudiants n'est pas un endroit idéal pour un centre de données. Il ne faut pas être naïf: un centre de données cause des nuisances à ceux qui habitent au-dessus. Pensez aux générateurs qui sont testés chaque mois. L'emplacement est donc mis sous pression en raison de plaintes. Voilà pourquoi nous avons recherché un autre endroit.'

'Cela s'est du reste passé à un moment où quelques clients importants nous ont demandé davantage de capacité, ce qui nous a amenés à envisager diverses options.'

Le choix s'est finalement porté sur un nouveau bâtiment juste à l'arrière de BRU 3, lui-même un ancien centre de données d'IBM qui est actuellement rénové et qui accueillera les nouveaux bureaux d'Interxion. 'Nous nous trouvons dans l'assez petit BRU 3, proche du nettement plus vaste BRU 4.'

BRU 4, Interxion
BRU 4 © Interxion

Tout le processus se déroula en réalité de manière beaucoup plus rapide qu'attendu. 'On recherchait évidemment un terrain proche des autres centres de données existants, afin de pouvoir prolonger de 2-3 kilomètres la connectivité avec de la fibre optique à des fins de connexion croisée', déclare David Louis, responsable des ventes chez Interxion. 'Nous nous retrouvons ainsi à Nossegem-Zaventem, un emplacement qui s'avère idéal en combinaison avec notre infrastructure existante.'

Le trajet administratif s'est avéré lui aussi meilleur que prévu. 'On craint toujours un long processus à cause de tous les permis nécessaires, mais dans le cas présent, tout s'est déroulé singulièrement vite. Ce qui nous a aidés, c'est que nous avons reçu pas mal d'aide de nos fournisseurs, architectes, organes-conseils, mais aussi de la commune. Nous sommes situés dans un parc industriel que Zaventem entend revaloriser, et ce que la commune ne voulait pas, c'était d'un grand bâtiment avec un important va-et-vient quotidien de personnes. Or un centre de données est idéal sur ce plan: il accueille certes des gens, mais de manière relativement limitée.'

Tout comme pour BRU 3, on examinera lors de la construction comment utiliser la chaleur restante du centre de données pour chauffer les entreprises ou habitations voisines.

Conserver les données localement

L'extension d'Interxion n'est pas un cas unique, puisque son concurrent LCL fait de même, alors qu'un fournisseur 'cloud' comme Microsoft construit actuellement aussi un centre de données Azure belge. En outre, il y a encore Google qui est présente depuis des années déjà en Belgique et y a ajouté à plusieurs reprises de nouveaux centres de données. Et ce, alors que notre pays était précédemment souvent mis de côté à l'avantage de centres de données situés à Paris, Londres, Francfort ou Amsterdam.

'L'évolution 'cloud' de ces dernières années y joue un rôle', précise van de Geer. 'De même que la croissance numérique en Belgique et les obligations dues au GDPR, tandis que les autorités belges préfèrent clairement que les données demeurent sur le territoire national. Même si nous ne demandons évidemment jamais les raisons exactes pour lesquelles nos clients requièrent plus d'espace en Belgique.'

Le fait qu'actuellement, les Pays-Bas n'autorisent quasiment plus la construction de nouveaux centres de données, n'a par contre pas d'impact. 'Pas du tout. Les clients qui ont aujourd'hui besoin de plus de capacité, avaient commencé à y réfléchir il y a deux ans déjà.'

van de Gerre souhaite ici aussi nuancer la critique, selon laquelle les centres de données sont d'importants consommateurs d'énergie (et achètent souvent de l'électricité verte aux Pays-Bas): 'Les centres de données demeurent essentiels pour notre économie. Personne ne veut posséder de l'équipement personnel à une telle échelle. Il est donc préférable d'opter pour un cluster. Si tout un chacun agissait ainsi dans son propre petit centre de données, cela ne pourrait pas être aussi efficient. En même temps, ce dont on a besoin, c'est d'un reflet de l'économie.'

BRU 4 ouvrira par phases. Le 1er avril 2023, Interxion entend finaliser un étage et demi pour un usage immédiat. A partir de là, il y aura de l'espace pour de nouveaux clients. Une nouvelle réception de travaux aura lieu six mois plus tard, alors que tout devrait être terminé trois à six mois après, soit en 2024. 'Le corona représente le principal frein. Il en résulte que les délais de livraison se retrouvent sous pression, ce qui peut se traduire par du retard', conclut van de Gerre.

Même pas un an après l'annonce de 'BRU 3', le fournisseur de colocations Interxion, dont l'appellation compète est Interxion: A Digital Realty Company, fait grand cas de son prochain grand chantier: 'BRU 4'. Il est question d'un centre de données de trois étages, fournissant 13,6 mégawatts de courant aux clients et occupant une surface de 6.700 mètres carrés consacrée aux serveurs de ces derniers.Le nouveau centre de données sera construit entièrement à partir de zéro, mais le choix de l'emplacement, à proximité de BRU 3 à Zaventem, est dû en partie à celui - difficile s'il en est - de fermer BRU 2. 'Lorsqu'on se lance dans la construction d'un centre de données, l'objectif est d'y rester à long terme. Mais le bâtiment que nous occupions avec BRU 2, a été vendu en vue d'y créer des kots d'étudiants', explique Dirk van de Geer, managing director d'Interxion.'Notre contrat de location courait sur quelques années encore, mais le fait est qu'un bâtiment plein de kots d'étudiants n'est pas un endroit idéal pour un centre de données. Il ne faut pas être naïf: un centre de données cause des nuisances à ceux qui habitent au-dessus. Pensez aux générateurs qui sont testés chaque mois. L'emplacement est donc mis sous pression en raison de plaintes. Voilà pourquoi nous avons recherché un autre endroit.''Cela s'est du reste passé à un moment où quelques clients importants nous ont demandé davantage de capacité, ce qui nous a amenés à envisager diverses options.'Le choix s'est finalement porté sur un nouveau bâtiment juste à l'arrière de BRU 3, lui-même un ancien centre de données d'IBM qui est actuellement rénové et qui accueillera les nouveaux bureaux d'Interxion. 'Nous nous trouvons dans l'assez petit BRU 3, proche du nettement plus vaste BRU 4.'Tout le processus se déroula en réalité de manière beaucoup plus rapide qu'attendu. 'On recherchait évidemment un terrain proche des autres centres de données existants, afin de pouvoir prolonger de 2-3 kilomètres la connectivité avec de la fibre optique à des fins de connexion croisée', déclare David Louis, responsable des ventes chez Interxion. 'Nous nous retrouvons ainsi à Nossegem-Zaventem, un emplacement qui s'avère idéal en combinaison avec notre infrastructure existante.'Le trajet administratif s'est avéré lui aussi meilleur que prévu. 'On craint toujours un long processus à cause de tous les permis nécessaires, mais dans le cas présent, tout s'est déroulé singulièrement vite. Ce qui nous a aidés, c'est que nous avons reçu pas mal d'aide de nos fournisseurs, architectes, organes-conseils, mais aussi de la commune. Nous sommes situés dans un parc industriel que Zaventem entend revaloriser, et ce que la commune ne voulait pas, c'était d'un grand bâtiment avec un important va-et-vient quotidien de personnes. Or un centre de données est idéal sur ce plan: il accueille certes des gens, mais de manière relativement limitée.'Tout comme pour BRU 3, on examinera lors de la construction comment utiliser la chaleur restante du centre de données pour chauffer les entreprises ou habitations voisines.L'extension d'Interxion n'est pas un cas unique, puisque son concurrent LCL fait de même, alors qu'un fournisseur 'cloud' comme Microsoft construit actuellement aussi un centre de données Azure belge. En outre, il y a encore Google qui est présente depuis des années déjà en Belgique et y a ajouté à plusieurs reprises de nouveaux centres de données. Et ce, alors que notre pays était précédemment souvent mis de côté à l'avantage de centres de données situés à Paris, Londres, Francfort ou Amsterdam.'L'évolution 'cloud' de ces dernières années y joue un rôle', précise van de Geer. 'De même que la croissance numérique en Belgique et les obligations dues au GDPR, tandis que les autorités belges préfèrent clairement que les données demeurent sur le territoire national. Même si nous ne demandons évidemment jamais les raisons exactes pour lesquelles nos clients requièrent plus d'espace en Belgique.'Le fait qu'actuellement, les Pays-Bas n'autorisent quasiment plus la construction de nouveaux centres de données, n'a par contre pas d'impact. 'Pas du tout. Les clients qui ont aujourd'hui besoin de plus de capacité, avaient commencé à y réfléchir il y a deux ans déjà.' van de Gerre souhaite ici aussi nuancer la critique, selon laquelle les centres de données sont d'importants consommateurs d'énergie (et achètent souvent de l'électricité verte aux Pays-Bas): 'Les centres de données demeurent essentiels pour notre économie. Personne ne veut posséder de l'équipement personnel à une telle échelle. Il est donc préférable d'opter pour un cluster. Si tout un chacun agissait ainsi dans son propre petit centre de données, cela ne pourrait pas être aussi efficient. En même temps, ce dont on a besoin, c'est d'un reflet de l'économie.'BRU 4 ouvrira par phases. Le 1er avril 2023, Interxion entend finaliser un étage et demi pour un usage immédiat. A partir de là, il y aura de l'espace pour de nouveaux clients. Une nouvelle réception de travaux aura lieu six mois plus tard, alors que tout devrait être terminé trois à six mois après, soit en 2024. 'Le corona représente le principal frein. Il en résulte que les délais de livraison se retrouvent sous pression, ce qui peut se traduire par du retard', conclut van de Gerre.