Nous nous entretenons avec Walter Ji et Allen Yao, respectivement directeur européen et belge de la branche à la consommation d'Huawei. Indépendamment de la technologie réseautique mobile, cette division, surtout connue pour ses smartphones, est dans l'expectative.

Depuis mai 2019, l'entreprise n'est en effet plus autorisée à utiliser les services de Google sur ses smartphones à cause des sanctions américaines. Et ces dernières sont encore renforcées du fait que les firmes américaines ne peuvent quasiment plus faire d'affaires avec Huawei.

Walter Ji, President Of Europe (Huawei Consumer Business Group) et Allen Yao, Country Manager Huawei Belgium & Luxembourg (Consumer Business Group)., Huawei
Walter Ji, President Of Europe (Huawei Consumer Business Group) et Allen Yao, Country Manager Huawei Belgium & Luxembourg (Consumer Business Group). © Huawei

Comment se porte Huawei en Europe, une année et demie après les premières sanctions américaines?

WALTER JI: "C'est une période pleine de défis. Mais malgré les sanctions, nous avons l'année dernière encore enregistré une croissance à deux chiffres (supérieure à dix pour cent, ndlr) avec nos smartphones. Le 'consumer business group' a progressé de trente pour cent et pour le premier semestre de cette année, nous réalisons aussi une croissance à deux chiffres. C'est très bien eu égard aux sanctions américaines déloyales. Nous sommes fiers de ce que nous faisons nous-mêmes et avec nos partenaires."

Vos partenaires et clients belges posent-ils des questions sur votre situation?

ALLEN YAO: "Pas vraiment. Nous nous parlons régulièrement, et les partenaires connaissent notre situation. Mais nous devons veiller à continuer de communiquer, ainsi qu'à lancer des produits pour pouvoir poursuivre notre collaboration.

Microsoft a obtenu l'autorisation des Etats-Unis de nous fournir Windows

Nous produisons aujourd'hui plus que des smartphones. Il y a deux ans, nous nous sommes lancés dans les tablettes et l'IoT. Et l'année dernière, ce sont les ordinateurs portables qui sont venus s'ajouter. La relation avec les revendeurs va donc au-delà des smartphones."

Ces ordinateurs portables tournent sur Windows... N'est-ce pas un problème pour les Etats-Unis?

JI: "Microsoft a reçu l'autorisation des Etats-Unis de nous fournir Windows."

Belgique

Comment Huawei se porte-t-elle sur le marché belge?

YAO: "L'activité smartphones est stable par rapport à l'an dernier. Mais si l'on considère d'autres catégories de produits, nous enregistrons des hausses significatives. C'est ainsi que les ventes d'ordinateurs portables ont progressé de trois cents pour cent par rapport à l'année dernière. Nos ventes de tablettes ont crû, elles, de septante pour cent. Pour les wearables, la hausse est de quarante pour cent. Les smartphones sont restés stables, mais nous progressons donc rapidement dans les autres catégories de produits. Cela est évidemment dû au fait que nous n'avons commencé que l'année dernière à nous focaliser vraiment sur ces nouvelles catégories."

Nous allons introduire nos lunettes intelligentes sur le marché belge avant la fin de l'année encore.

Peut-on encore attendre de nouveaux produits?

JI: "Les oreillettes intelligentes deviennent progressivement plus populaires, mais aussi les lunettes intelligentes. Nous allons introduire nos lunettes intelligentes sur le marché belge avant la fin de l'année encore. Elles se synchroniseront au smartphone ou à la montre et permettront d'écouter de la musique. (Il s'agit des Gentle Monster, des lunettes connectées qu'Huawei propose actuellement déjà sur d'autres marchés, ndlr).

'Gentle Monster', les lunettes intelligentes de Huawei., Huawei
'Gentle Monster', les lunettes intelligentes de Huawei. © Huawei

Envisagez-vous d'autres éléments pour le marché belge?

JI: "Nous planifions notre premier magasin-phare à Bruxelles. Le concept est prêt, et le magasin sera bientôt construit. Initialement, nous voulions ouvrir pour la Noël, mais ce sera probablement pour janvier-février. Nous avions commencé l'an dernier déjà à rechercher un endroit stratégique et nous l'avons trouvé avant l'été.

Ce sera un magasin où nous pourrons démontrer entièrement notre stratégie 1+8+N (la vision d'Huawei, par laquelle le smartphone (1) pilote plusieurs appareils intelligents (8) et ce, au bureau, à la maison, dans les domaines de la santé, de la mobilité ou des loisirs (N), ndlr).

Flagship Store Huawei, Shanghai., Huawei
Flagship Store Huawei, Shanghai. © Huawei

Les smartphones, c'est facile à comprendre, mais nous voulons aussi y montrer comment divers appareils peuvent conjointement permettre des scénarios en matière de voyages intelligents, de bureau intelligent ou de loisirs intelligents. Voilà ce qu'il faut pouvoir présenter. Nous ne voulons pas qu'être simplement présents à Bruxelles."

Huawei débuta en 2013 en tant que challenger sur le marché belge des smartphones. Ne craignez-vous pas que d'autres marques chinoises telles OPPO et Xiaomi prennent votre place?

JI: "Il y aura toujours de nouvelles marques, mais la concurrence n'en est pas nécessairement plus forte. Il faut du temps pour imposer une marque."

Opposition américaine

Votre directeur général, Richard Yu, a récemment déclaré qu'Huawei ne pourrait plus à partir de la mi-septembre fabriquer sa propre puce Kirin 9000 en raison des sanctions américaines. Nous y voici, pouvez-vous dès lors encore fabriquer des smartphones et recherchez-vous dans ce but d'autres partenaires?

JI: "Momentanément, nous disposons d'encore suffisamment de jeux de puces, mais les sanctions font en sorte que nous sommes pour l'instant sur le qui-vive."

Avez-vous l'ambition de devenir entièrement indépendant? Je veux dire des puces et des appareils sans la moindre technologie américaine.

JI: "Nous croyons dans des collaborations ouvertes. C'est important. Certains pays et certains politiciens, comme aux Etats-Unis, ne le veulent pas. Mais nous, nous collaborons depuis plus de trente ans déjà avec différents partenaires, à notre plus grande satisfaction. Lorsque de l'obscurité se manifeste dans l'industrie technologique, il convient de se serrer les coudes. C'est alors qu'on a besoin de partenaires avec qui collaborer, afin que la lumière puisse briller à nouveau.

Nous sommes dévoués à Google et Android, mais nous n'avons en même temps pas d'autre choix que de lancer notre propre plate-forme.

Nous accordons la préférence à des collaborations ouvertes, mais si nous n'avons pas d'autre choix, il faut s'employer à faire ses propres choix. Nous sommes dévoués à Google et à Android, mais en même temps, nous n'avons d'autre choix que de lancer notre propre plate-forme qui, selon moi, est mieux adaptée à la troisième génération de systèmes d'exploitation.

Huawei
© Huawei

La troisième génération?

JI: "Le système d'exploitation d'un PC est celui de la première génération. Celui des smartphones est la deuxième génération. Mais en réalité, ils collaborent insuffisamment avec d'autres appareils connectés. Dans notre stratégie 1+8+N, l'objectif est de permettre à l'utilisateur de basculer sans problème d'un appareil à l'autre.

Donc plus vite que la façon dont on connecte à présent nos appareils à notre GSM via Bluetooth ou wifi?

JI: "Exactement! Voilà pourquoi nous considérons HarmonyOS comme un système d'exploitation de la troisième génération, paré pour un monde entièrement connecté."

Système d'exploitation propre

Il y a Huawei Mobile Services (HMS), il y a le système d'exploitation HarmonyOS 2.0 et il y a la stratégie 1+8+N, comment tout cela va-t-il s'interconnecter?

JI: "Nous investissons fortement dans notre propre système d'exploitation. L'année dernière, c'était surtout dans HMS (la version open source d'Android complétée par le magasin d'applications d'Huawei, ndlr). A l'époque, nous avions aussi présenté Harmony 1.0, dont nous venons d'annoncer la version 2.0 pour les prochains mois."

Il devrait être possible pour les développeurs de concevoir une appli qui fonctionne directement sur plusieurs types d'appareil, sans qu'il soit besoin de l'adapter à différents écrans.

Comment HarmonyOS se comporte-t-il vis-à-vis d'Android?

JI: "Il est rétro-compatible avec Android. Tout comme Android, c'est une plate-forme ouverte. Seul le volet des services de Google diffère. Mais les partenaires pourront également utiliser Harmony. Dans ce but, nous nous basons autant que possible sur des normes ouvertes.

En même temps, Il devrait être possible pour les développeurs de concevoir une appli qui fonctionne directement sur plusieurs types d'appareil, sans qu'il soit besoin de l'adapter à différents écrans. Cela diminuerait d'autant les coûts de développement."

Cela signifie-t-il qu'Harmony capitalise sur Android?

JI: "Oui, un peu comme Android s'est reposé sur Linux."

Pour faire réussir la stratégie 1+8+N, d'autres fabricants d'appareils devront-il utiliser Harmony. Y en a-t-il déjà aujourd'hui?

JI: "Nous avons déjà un millier d'entreprises, même s'il s'agit actuellement surtout de firmes chinoises."

Si la table autour de laquelle nous sommes à présent assis, provenait d'une firme américaine, elle ne pourrait pas être vendue à Huawei. C'est quand même dingue!

Vous restez ambitieux. Cela veut-il dire qu'Huawei est armée pour survivre sans la technologie américaine, car il semble ne pas encore y avoir d'amélioration en vue.

JI: "Nous sommes pleinement confiants. Nous ne sommes pas une entreprise publique. Nos fondateurs et notre conseil d'entreprise ont donc une vision à long terme. Naturellement, il pourrait arriver que nous devions nous adapter sur le plan du personnel ou des finances. Mais nos 180.000 employés travaillent dur à des solutions alternatives, pour en sortir.

Vous attendez-vous à ce que les Etats-Unis assouplissent leur attitude, si Trump n'est pas réélu?

JI: "Je ne le pense pas. Je ne connais moi-même pas les grandes différences entre les deux candidats. Nous nous occupons pour l'instant surtout de la patate chaude que les Etats-Unis nous ont refilée.

Ce que font les Etats-Unis est disproportionné. Si la table autour de laquelle nous sommes à présent assis, provenait d'une firme américaine, elle ne pourrait pas être vendue à Huawei. C'est quand même dingue! A court terme, nous devrons relever un fameux défi, mais nous n'abandonnons pas, parce qu'un géant se profile devant nous, et nous mettons tout en oeuvre pour sortir de cette période compliquée.

Vous semblez prêt pour le combat.

JI: "Nous n'avons rien à perdre."

Nous nous entretenons avec Walter Ji et Allen Yao, respectivement directeur européen et belge de la branche à la consommation d'Huawei. Indépendamment de la technologie réseautique mobile, cette division, surtout connue pour ses smartphones, est dans l'expectative.Depuis mai 2019, l'entreprise n'est en effet plus autorisée à utiliser les services de Google sur ses smartphones à cause des sanctions américaines. Et ces dernières sont encore renforcées du fait que les firmes américaines ne peuvent quasiment plus faire d'affaires avec Huawei.Comment se porte Huawei en Europe, une année et demie après les premières sanctions américaines?WALTER JI: "C'est une période pleine de défis. Mais malgré les sanctions, nous avons l'année dernière encore enregistré une croissance à deux chiffres (supérieure à dix pour cent, ndlr) avec nos smartphones. Le 'consumer business group' a progressé de trente pour cent et pour le premier semestre de cette année, nous réalisons aussi une croissance à deux chiffres. C'est très bien eu égard aux sanctions américaines déloyales. Nous sommes fiers de ce que nous faisons nous-mêmes et avec nos partenaires."Vos partenaires et clients belges posent-ils des questions sur votre situation?ALLEN YAO: "Pas vraiment. Nous nous parlons régulièrement, et les partenaires connaissent notre situation. Mais nous devons veiller à continuer de communiquer, ainsi qu'à lancer des produits pour pouvoir poursuivre notre collaboration.Nous produisons aujourd'hui plus que des smartphones. Il y a deux ans, nous nous sommes lancés dans les tablettes et l'IoT. Et l'année dernière, ce sont les ordinateurs portables qui sont venus s'ajouter. La relation avec les revendeurs va donc au-delà des smartphones."Ces ordinateurs portables tournent sur Windows... N'est-ce pas un problème pour les Etats-Unis?JI: "Microsoft a reçu l'autorisation des Etats-Unis de nous fournir Windows."Comment Huawei se porte-t-elle sur le marché belge?YAO: "L'activité smartphones est stable par rapport à l'an dernier. Mais si l'on considère d'autres catégories de produits, nous enregistrons des hausses significatives. C'est ainsi que les ventes d'ordinateurs portables ont progressé de trois cents pour cent par rapport à l'année dernière. Nos ventes de tablettes ont crû, elles, de septante pour cent. Pour les wearables, la hausse est de quarante pour cent. Les smartphones sont restés stables, mais nous progressons donc rapidement dans les autres catégories de produits. Cela est évidemment dû au fait que nous n'avons commencé que l'année dernière à nous focaliser vraiment sur ces nouvelles catégories."Peut-on encore attendre de nouveaux produits?JI: "Les oreillettes intelligentes deviennent progressivement plus populaires, mais aussi les lunettes intelligentes. Nous allons introduire nos lunettes intelligentes sur le marché belge avant la fin de l'année encore. Elles se synchroniseront au smartphone ou à la montre et permettront d'écouter de la musique. (Il s'agit des Gentle Monster, des lunettes connectées qu'Huawei propose actuellement déjà sur d'autres marchés, ndlr).Envisagez-vous d'autres éléments pour le marché belge?JI: "Nous planifions notre premier magasin-phare à Bruxelles. Le concept est prêt, et le magasin sera bientôt construit. Initialement, nous voulions ouvrir pour la Noël, mais ce sera probablement pour janvier-février. Nous avions commencé l'an dernier déjà à rechercher un endroit stratégique et nous l'avons trouvé avant l'été.Ce sera un magasin où nous pourrons démontrer entièrement notre stratégie 1+8+N (la vision d'Huawei, par laquelle le smartphone (1) pilote plusieurs appareils intelligents (8) et ce, au bureau, à la maison, dans les domaines de la santé, de la mobilité ou des loisirs (N), ndlr).Les smartphones, c'est facile à comprendre, mais nous voulons aussi y montrer comment divers appareils peuvent conjointement permettre des scénarios en matière de voyages intelligents, de bureau intelligent ou de loisirs intelligents. Voilà ce qu'il faut pouvoir présenter. Nous ne voulons pas qu'être simplement présents à Bruxelles."Huawei débuta en 2013 en tant que challenger sur le marché belge des smartphones. Ne craignez-vous pas que d'autres marques chinoises telles OPPO et Xiaomi prennent votre place?JI: "Il y aura toujours de nouvelles marques, mais la concurrence n'en est pas nécessairement plus forte. Il faut du temps pour imposer une marque."Votre directeur général, Richard Yu, a récemment déclaré qu'Huawei ne pourrait plus à partir de la mi-septembre fabriquer sa propre puce Kirin 9000 en raison des sanctions américaines. Nous y voici, pouvez-vous dès lors encore fabriquer des smartphones et recherchez-vous dans ce but d'autres partenaires?JI: "Momentanément, nous disposons d'encore suffisamment de jeux de puces, mais les sanctions font en sorte que nous sommes pour l'instant sur le qui-vive."Avez-vous l'ambition de devenir entièrement indépendant? Je veux dire des puces et des appareils sans la moindre technologie américaine.JI: "Nous croyons dans des collaborations ouvertes. C'est important. Certains pays et certains politiciens, comme aux Etats-Unis, ne le veulent pas. Mais nous, nous collaborons depuis plus de trente ans déjà avec différents partenaires, à notre plus grande satisfaction. Lorsque de l'obscurité se manifeste dans l'industrie technologique, il convient de se serrer les coudes. C'est alors qu'on a besoin de partenaires avec qui collaborer, afin que la lumière puisse briller à nouveau.Nous accordons la préférence à des collaborations ouvertes, mais si nous n'avons pas d'autre choix, il faut s'employer à faire ses propres choix. Nous sommes dévoués à Google et à Android, mais en même temps, nous n'avons d'autre choix que de lancer notre propre plate-forme qui, selon moi, est mieux adaptée à la troisième génération de systèmes d'exploitation.JI: "Le système d'exploitation d'un PC est celui de la première génération. Celui des smartphones est la deuxième génération. Mais en réalité, ils collaborent insuffisamment avec d'autres appareils connectés. Dans notre stratégie 1+8+N, l'objectif est de permettre à l'utilisateur de basculer sans problème d'un appareil à l'autre.Donc plus vite que la façon dont on connecte à présent nos appareils à notre GSM via Bluetooth ou wifi?JI: "Exactement! Voilà pourquoi nous considérons HarmonyOS comme un système d'exploitation de la troisième génération, paré pour un monde entièrement connecté."Il y a Huawei Mobile Services (HMS), il y a le système d'exploitation HarmonyOS 2.0 et il y a la stratégie 1+8+N, comment tout cela va-t-il s'interconnecter?JI: "Nous investissons fortement dans notre propre système d'exploitation. L'année dernière, c'était surtout dans HMS (la version open source d'Android complétée par le magasin d'applications d'Huawei, ndlr). A l'époque, nous avions aussi présenté Harmony 1.0, dont nous venons d'annoncer la version 2.0 pour les prochains mois."Comment HarmonyOS se comporte-t-il vis-à-vis d'Android?JI: "Il est rétro-compatible avec Android. Tout comme Android, c'est une plate-forme ouverte. Seul le volet des services de Google diffère. Mais les partenaires pourront également utiliser Harmony. Dans ce but, nous nous basons autant que possible sur des normes ouvertes.En même temps, Il devrait être possible pour les développeurs de concevoir une appli qui fonctionne directement sur plusieurs types d'appareil, sans qu'il soit besoin de l'adapter à différents écrans. Cela diminuerait d'autant les coûts de développement."Cela signifie-t-il qu'Harmony capitalise sur Android?JI: "Oui, un peu comme Android s'est reposé sur Linux."Pour faire réussir la stratégie 1+8+N, d'autres fabricants d'appareils devront-il utiliser Harmony. Y en a-t-il déjà aujourd'hui?JI: "Nous avons déjà un millier d'entreprises, même s'il s'agit actuellement surtout de firmes chinoises."Vous restez ambitieux. Cela veut-il dire qu'Huawei est armée pour survivre sans la technologie américaine, car il semble ne pas encore y avoir d'amélioration en vue.JI: "Nous sommes pleinement confiants. Nous ne sommes pas une entreprise publique. Nos fondateurs et notre conseil d'entreprise ont donc une vision à long terme. Naturellement, il pourrait arriver que nous devions nous adapter sur le plan du personnel ou des finances. Mais nos 180.000 employés travaillent dur à des solutions alternatives, pour en sortir.Vous attendez-vous à ce que les Etats-Unis assouplissent leur attitude, si Trump n'est pas réélu?JI: "Je ne le pense pas. Je ne connais moi-même pas les grandes différences entre les deux candidats. Nous nous occupons pour l'instant surtout de la patate chaude que les Etats-Unis nous ont refilée.Ce que font les Etats-Unis est disproportionné. Si la table autour de laquelle nous sommes à présent assis, provenait d'une firme américaine, elle ne pourrait pas être vendue à Huawei. C'est quand même dingue! A court terme, nous devrons relever un fameux défi, mais nous n'abandonnons pas, parce qu'un géant se profile devant nous, et nous mettons tout en oeuvre pour sortir de cette période compliquée.Vous semblez prêt pour le combat.JI: "Nous n'avons rien à perdre."