Hyp3r semble avoir conçu des outils permettant d'amasser des données publiques Instagram du net, selon Business Insider. Parmi ces données, on trouve des messages postés par des utilisateurs, des renseignements de profils et des données de localisation (publique), mais aussi des informations des Stories, une fonction sur Instagram qui permet de poster des messages qui disparaissent au bout de 24 heures. Les données de ces Stories ne sont pas libérées au moyen des outils proposés par Instagram à des acteurs tiers et à des partenaires.

Les différentes données collectées par Hyp3r ont été ensuite utilisées pour créer des profils détaillés d'utilisateurs, auxquels des publicités spécialisées pouvaient être envoyées. L'entreprise existe depuis quelques années déjà et fournit des annonces basées sur la localisation et adressées par exemple à tous les utilisateurs qui se rendent à un festival spécifique.

Pour collecter ces données d'emplacement et ces informations sur les utilisateurs, Hyp3r s'est servie pendant des années de l'API officielle d'Instagram. Suite notamment au scandale Cambridge Analytica, cette API fut cependant condamnée, et l'entreprise ne put plus accéder aux données de localisation et des utilisateurs.

Tout semble indiquer qu'elle rechercha alors une autre façon de mettre la main sur des données, à savoir l'utilisation d'une fonction dans les pages Location d'Instagram. Ces pages sont publiques et peuvent être visionnées sans se connecter. Tout un chacun qui se 'tague' en un endroit déterminé, peut donc être repris sur la liste. Si on procède ainsi pour suffisamment d'emplacements, on obtient une base de données de profils, ainsi que de tous les endroits d'où proviennent ces profils. Ce sont notamment ces pages de localisation qu'Instagram a à présent adaptées.

"Les actions d'Hyp3r ne sont pas tolérées et enfreignent nos règles", déclare un porte-parole d'Instagram. "Voilà pourquoi nous les avons supprimées de notre plate-forme. Nous avons en outre effectué des adaptations, qui devraient compliquer la vie d'autres entreprises souhaitant collecter des informations au départ des pages publiques."

Hyp3r, de son côté, affirme à CNBC qu'elle n'a rien fait de répréhensible.