L'année dernière déjà, Huawei avait exhibé une partie de sa série Atlas. Il s'agit là de systèmes d'intelligence artificielle susceptibles d'être installés notamment dans les voitures autonomes (Atlas 800) ou dans un environnement 'edge' pour analyser par exemple simultanément plusieurs flux vidéo (Atlas 500). Atlas 900 franchit un pas supplémentaire et devrait accélérer l'AI à (très) grande échelle dans le nuage. En substance, il s'agit d'un centre de données spécifique pour applications AI.

Concrètement, l'Atlas 900 peut être utilisé dans un cluster, où il atteint une vitesse de calcul de 256 à 1.024 PFLOPS@FP16. Ce genre de machine intègre quelques milliers de puces Ascend.

En guise d'exemple, Huawei cite entre autres la localisation et l'identification de quelque 208.000 étoiles. Une tâche qui prendrait normalement 169 jours de travail humain, l'Atlas 900 peut l'effectuer en dix secondes à peine. Et plus proche de nous, l'entreprise vise aussi notamment la logistique, la gestion urbaine et la fabrication. Elle a ainsi montré un cas où, avec l'aide de l'AI, des milliers de kilomètres de fil de soie peuvent être contrôlés, ce qui, dans le passé, devait se faire à l'oeil nu.

Sur le plan des performances de son nouveau rejeton, Huawei se réfère aussi à un test de formation à la reconnaissance d'images (ResNet-50 v1.5), où un modèle peut être formé en 59,8 secondes, contre 70,2 secondes avec le 'vendor 2' et 76,8 secondes avec le 'vendor 1', même si Huawei ne révèle pas explicitement de quels concurrents il s'agit.

Composants pour partenaires

Lors de l'Huawei Connect, l'entreprise a également explicité sa stratégie. Elle répète ainsi qu'elle n'a pas l'intention de proposer ses puces au niveau commercial. "Nous fournissons cependant des services dans le nuage à nos clients ou des composants, afin qu'ils puissent réaliser des produits finis", affirme le vice-président Ken Hu. Et d'évoquer en même temps son intention de miser sur trois points pour rendre cette approche fructueuse: open hardware, open source software et poursuite du support des développeurs.

"Nos cartes-mères et modules AI sont ouverts à nos partenaires, afin que ces derniers puissent les utiliser pour réaliser des solutions prêtes à l'emploi. Nos logiciels sont majoritairement disponibles en open source, afin d'aider les partenaires à créer des applications commerciales. Et, enfin, nous veillons à ce qu'ils servent de base sur laquelle les développeurs peuvent concevoir leurs propres éléments." Selon Huawei, 1,3 million de développeurs utilisent aujourd'hui sa technologie. Il devrait à terme y en avoir 5 millions grâce aux investissements supplémentaires consentis dans la communauté des développeurs.

Le fait qu'Huawei soit aujourd'hui mise sous pression à l'échelle internationale, principalement à cause de la campagne de dénigrement américaine, l'entreprise ne le cache pas. Mais cela n'empêche pas le géant chinois de conserver son assurance. Il remercie du reste explicitement ses partenaires qui continuent de collaborer avec lui. "Nous sommes sous forte pression, mais nous ne en portons pas mal. Grâce à votre soutien, nous continuons de progresser et nous ne vous décevrons pas", a conclu le vice-président Ken Hu.