891,4 milliards de yuans, soit 116,05 milliards d'euros, tel est le montant du chiffre d'affaires réalisé par Huawei en 2020. C'est 3,8 pour cent de plus qu'en 2019. Le bénéfice net s'est établi à 64,6 milliards de yuans, soit 8,14 milliards d'euros, en progression de 3,2 pour cent. Seul le cash flow de 35,2 milliards de yuans (4,58 milliards d'euros) accuse un sérieux recul de 61,5 pour cent.

Ce sont là des chiffres dont s'enorgueilliraient de nombreuses entreprises, mais la répartition géographique représente directement le talon d'Achille de l'entreprise: tant en Amérique du Nord et du Sud, en Asie-Pacifique que dans la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), son chiffre d'affaires régresse. Il n'y a qu'en Chine même que l'entreprise croît encore de 15,4 pour cent. En fait, ce sont 65,6 pour cent du chiffre d'affaires total d'Huawei qui émanent de son pays d'origine, contre 59 pour cent l'année précédente.

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Mais les choses se passent quand même moins bien en Chine qu'en 2019. Une croissance de 15,4 pour cent en 2020, c'est bien certes, mais c'est plus de moitié moins que les 36,2 pour cent de croissance de l'année précédente.

Si l'on prend en compte les 'business units', la division à la consommation (smartphones, wearables,...) représente 54,2 pour cent du chiffre d'affaires. Cette branche à la consommation progresse légèrement de 3,3 pour cent. L'activité professionnelle (services ICT, centres de données/services dans le nuage) représente elle 11,3 pour cent du chiffre d'affaires total et a connu une solide croissance de 23 pour cent.

La division 5G stagne

Le gros point d'interrogation concerne l'activité 'carrier' en charge des pylônes d'antennes et de l'équipement radio pour la 4G et la 5G et représentant un tiers du chiffre d'affaires d'Huawei. Ici, la croissance a quasiment disparu (+0,2 pour cent).

C'est d'une part étonnant à un moment où les opérateurs investissent dans les réseaux au niveau mondial. Mais c'est d'autre part logique, quand on sait qu'Huawei conclut encore à peine des contrats 5G en Europe, maintenant que plusieurs pays excluent explicitement ou indirectement les acteurs chinois ou, dans le meilleur des cas, les déconseillent fortement.

Corona et sanctions

Tout bien considéré, il est singulier qu'Huawei croisse encore et ait passé sans trop de casse deux années très difficiles. Mais l'entreprise elle-même reconnaît les risques. Pour ce qui est de sa situation actuelle, elle renvoie entre autres au corona et à l'impact économique sous-jacent. Mais elle cite aussi comme risque stratégique les sanctions américaines impactant à terme la livraison de puces.

'A longue échéance, le gouvernement américain continuera d'exercer une pression sur le développement technologique, ce qui compliquera la survie et l'essor d'Huawei.' Autrement dit: le moteur tourne encore, mais l'année 2020 de tous les défis est suivie par une année 2021 qui s'annonce encore plus compliquée.

891,4 milliards de yuans, soit 116,05 milliards d'euros, tel est le montant du chiffre d'affaires réalisé par Huawei en 2020. C'est 3,8 pour cent de plus qu'en 2019. Le bénéfice net s'est établi à 64,6 milliards de yuans, soit 8,14 milliards d'euros, en progression de 3,2 pour cent. Seul le cash flow de 35,2 milliards de yuans (4,58 milliards d'euros) accuse un sérieux recul de 61,5 pour cent.Ce sont là des chiffres dont s'enorgueilliraient de nombreuses entreprises, mais la répartition géographique représente directement le talon d'Achille de l'entreprise: tant en Amérique du Nord et du Sud, en Asie-Pacifique que dans la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), son chiffre d'affaires régresse. Il n'y a qu'en Chine même que l'entreprise croît encore de 15,4 pour cent. En fait, ce sont 65,6 pour cent du chiffre d'affaires total d'Huawei qui émanent de son pays d'origine, contre 59 pour cent l'année précédente.Mais les choses se passent quand même moins bien en Chine qu'en 2019. Une croissance de 15,4 pour cent en 2020, c'est bien certes, mais c'est plus de moitié moins que les 36,2 pour cent de croissance de l'année précédente.Si l'on prend en compte les 'business units', la division à la consommation (smartphones, wearables,...) représente 54,2 pour cent du chiffre d'affaires. Cette branche à la consommation progresse légèrement de 3,3 pour cent. L'activité professionnelle (services ICT, centres de données/services dans le nuage) représente elle 11,3 pour cent du chiffre d'affaires total et a connu une solide croissance de 23 pour cent.Le gros point d'interrogation concerne l'activité 'carrier' en charge des pylônes d'antennes et de l'équipement radio pour la 4G et la 5G et représentant un tiers du chiffre d'affaires d'Huawei. Ici, la croissance a quasiment disparu (+0,2 pour cent).C'est d'une part étonnant à un moment où les opérateurs investissent dans les réseaux au niveau mondial. Mais c'est d'autre part logique, quand on sait qu'Huawei conclut encore à peine des contrats 5G en Europe, maintenant que plusieurs pays excluent explicitement ou indirectement les acteurs chinois ou, dans le meilleur des cas, les déconseillent fortement.Tout bien considéré, il est singulier qu'Huawei croisse encore et ait passé sans trop de casse deux années très difficiles. Mais l'entreprise elle-même reconnaît les risques. Pour ce qui est de sa situation actuelle, elle renvoie entre autres au corona et à l'impact économique sous-jacent. Mais elle cite aussi comme risque stratégique les sanctions américaines impactant à terme la livraison de puces.'A longue échéance, le gouvernement américain continuera d'exercer une pression sur le développement technologique, ce qui compliquera la survie et l'essor d'Huawei.' Autrement dit: le moteur tourne encore, mais l'année 2020 de tous les défis est suivie par une année 2021 qui s'annonce encore plus compliquée.