L'ingénieure en sécurité Kathryn Spiers ne travaillait que depuis un peu moins de deux ans chez Google, où elle collaborait à la sécurité interne de l'entreprise. Une partie de son travail consistait à créer des fenêtres émergentes que les collaborateurs de Google voyaient apparaître, lorsqu'ils surfaient sur certains sites par exemple. Dans le Medium Post, où elle raconte ce qui lui est arrivée, elle insiste aussi sur le fait qu'elle avait généralement reçu des évaluations positives pour son travail.

Il y a quelques semaines, elle plaça sur une pop-up la mention suivante: "Googlers have the right to participate in protected concerted activities", ce qui revient à dire que les travailleurs de Google ont le droit de s'organiser à la manière d'un syndicat, avec en outre un lien vers le document spécifique à Google abordant les droits du personnel. Ce qui n'est pas anodin ici, c'est le fait que Google est légalement obligée d'informer ses employés sur ces droits. Mais avec la fenêtre de Spiers, ledit document a bénéficié d'une plus grande visibilité.

La fenêtre émergente ne s'affichait pas partout, mais uniquement quand un collaborateur de Google visitait un site web 'union busters' (de répression antisyndicale. Google a loué les services d'une entreprise pour étouffer dans l'oeuf toute activité syndicale en son sein) ou les orientations communautaires ('community guidelines').

Cette raison fut jugée suffisante par Google pour suspendre Spiers quelques semaines sans le moindre avertissement, ce qui déboucha ensuite sur un licenciement pur et simple vendredi dernier.

"Entre-temps, j'ai été interrogée à trois reprises à propos d'autres activités que j'aurais organisées. On me demanda également huit fois si j'avais l'intention de perturber le travail. Ces interrogatoires sont illégaux. De plus, je ne pouvais pas faire appel à quelqu'un, même pas à un avocat, et on me mettait la pression en m'accusant moi et les collègues avec qui j'avais parlé des droits du personnel."

Au site The Register, Google révèle dans une réaction que Spiers, de par sa fonction de sécurisation des systèmes internes, avait sans autorisation fait quelque chose qui n'avait rien à voir avec son travail: "Ce faisant, elle a abusé d'un outil de sécurité et de confidentialité pour créer une fenêtre émergente qui ne portait pas sur la sécurité ou le respect de la vie privée."

Spiers elle-même nuance cette affirmation dans un communiqué posté sur son blog. Sa tâche consistait bien à rédiger des notifications dans Chrome, mais elle y ajoute que ce genre de chose ne représentait pas un problème en d'autres circonstances. Et de citer l'exemple d'une action chez Google, il y a quelques mois, où quelqu'un avait converti le fond d'écran desktop par défaut en un pingouin Linux tenant un panneau de protestation. "L'entreprise n'a jamais réagi agressivement à ce genre de notifications, cela faisait partie de la culture d'entreprise."

En novembre déjà, l'entreprise avait licencié quatre employés qui avaient organisé une action de protestation en son sein.

Spiers, qui a entre-temps introduit aussi une plainte pour pratiques malhonnêtes sur le lieu de travail, a reçu le soutien de collègues et d'ex-collègues, qui confirment que sa mini-action n'était ni perturbatrice ni exceptionnelle. Cela démontre en tout cas bien que Google veut coûte que coûte éviter que des employés s'organisent et encore moins créent un syndicat pour revendiquer leurs droits.

L'ingénieure en sécurité Kathryn Spiers ne travaillait que depuis un peu moins de deux ans chez Google, où elle collaborait à la sécurité interne de l'entreprise. Une partie de son travail consistait à créer des fenêtres émergentes que les collaborateurs de Google voyaient apparaître, lorsqu'ils surfaient sur certains sites par exemple. Dans le Medium Post, où elle raconte ce qui lui est arrivée, elle insiste aussi sur le fait qu'elle avait généralement reçu des évaluations positives pour son travail.Il y a quelques semaines, elle plaça sur une pop-up la mention suivante: "Googlers have the right to participate in protected concerted activities", ce qui revient à dire que les travailleurs de Google ont le droit de s'organiser à la manière d'un syndicat, avec en outre un lien vers le document spécifique à Google abordant les droits du personnel. Ce qui n'est pas anodin ici, c'est le fait que Google est légalement obligée d'informer ses employés sur ces droits. Mais avec la fenêtre de Spiers, ledit document a bénéficié d'une plus grande visibilité.La fenêtre émergente ne s'affichait pas partout, mais uniquement quand un collaborateur de Google visitait un site web 'union busters' (de répression antisyndicale. Google a loué les services d'une entreprise pour étouffer dans l'oeuf toute activité syndicale en son sein) ou les orientations communautaires ('community guidelines').Cette raison fut jugée suffisante par Google pour suspendre Spiers quelques semaines sans le moindre avertissement, ce qui déboucha ensuite sur un licenciement pur et simple vendredi dernier."Entre-temps, j'ai été interrogée à trois reprises à propos d'autres activités que j'aurais organisées. On me demanda également huit fois si j'avais l'intention de perturber le travail. Ces interrogatoires sont illégaux. De plus, je ne pouvais pas faire appel à quelqu'un, même pas à un avocat, et on me mettait la pression en m'accusant moi et les collègues avec qui j'avais parlé des droits du personnel."Au site The Register, Google révèle dans une réaction que Spiers, de par sa fonction de sécurisation des systèmes internes, avait sans autorisation fait quelque chose qui n'avait rien à voir avec son travail: "Ce faisant, elle a abusé d'un outil de sécurité et de confidentialité pour créer une fenêtre émergente qui ne portait pas sur la sécurité ou le respect de la vie privée."Spiers elle-même nuance cette affirmation dans un communiqué posté sur son blog. Sa tâche consistait bien à rédiger des notifications dans Chrome, mais elle y ajoute que ce genre de chose ne représentait pas un problème en d'autres circonstances. Et de citer l'exemple d'une action chez Google, il y a quelques mois, où quelqu'un avait converti le fond d'écran desktop par défaut en un pingouin Linux tenant un panneau de protestation. "L'entreprise n'a jamais réagi agressivement à ce genre de notifications, cela faisait partie de la culture d'entreprise."En novembre déjà, l'entreprise avait licencié quatre employés qui avaient organisé une action de protestation en son sein.Spiers, qui a entre-temps introduit aussi une plainte pour pratiques malhonnêtes sur le lieu de travail, a reçu le soutien de collègues et d'ex-collègues, qui confirment que sa mini-action n'était ni perturbatrice ni exceptionnelle. Cela démontre en tout cas bien que Google veut coûte que coûte éviter que des employés s'organisent et encore moins créent un syndicat pour revendiquer leurs droits.