Cette affaire est en cours depuis dix ans déjà. Lorsqu'entre 2008 et 2010, Google se mit à explorer l'environnement avec ses voitures Street View, celles-ci captèrent aussi toutes sortes de données privées numériques. Tel n'était pas l'objectif, et Google même ne manqua pas de le faire observer.

L'affaire connut une suite juridique dans plusieurs pays. En Belgique, Google conclut en 2011 déjà un arrangement pour seulement 150.000 euros.

Aux Etats-Unis, cela déboucha sur une affaire de groupe. Initialement, Google maintint son argument, selon lequel les données captées provenaient de réseaux ouverts et s'avéraient donc légales. Mais la Justice en jugea autrement en 2013.

Aujourd'hui, quelque dix ans après les faits, Google a conclu un arrangement d'un montant de 13 millions de dollars, ce qui apparaît comme une somme importante eu égard aux 150.000 euros versés par Google en Belgique. Mais Bloomberg fait observer que Google s'en sort à relativement bon compte. Selon l'agence de presse, il s'agit là de moins d'un sixième de ce qui aurait pu lui être réclamé.

Dans la pratique, ce sont surtout une vingtaine d'Américains qui vont être ainsi remboursés, en général les propriétaires d'un certain nombre de réseaux wifi concernés. Le reste prendra la direction de groupements de défense du respect de la vie privée, dont un quart reviendra aux avocats en charge de l'affaire.

Quant aux avocats de Google, ils ont indiqué qu'il serait malaisé d'identifier toutes les personnes impactées, étant donné qu'il s'agissait à chaque fois de divers fragments de données collectées par l'entreprise. C'est quelque peu étonnant, quand on sait que Google est capable aujourd'hui de cartographier numériquement quasiment chaque internaute.