"Bonjour, je travaille pour Google, et nous collectons des données en vue d'améliorer la prochaine génération de reconnaissance faciale", telle était la teneur des propos adressés à des passants dans les rues de diverses villes américaines. On leur mettait ensuite un téléphone entre les mains et on leur demandait de faire un selfie (autoportrait). En échange, ils recevaient un chèque-cadeau de Starbucks ou d'Amazon Prime d'une valeur de cinq dollars, selon ZDNet et Android Police plus tôt ce mois-ci.

A présent que Google a présenté le Pixel 4, un porte-parole a confirmé à The Verge que l'entreprise a en effet effectué une 'enquête de terrain' en vue d'améliorer la reconnaissance faciale du nouveau smartphone. L'objectif était de collecter le plus de données possible, selon le porte-parole.

S'il existe dès le début un a priori ('bias') dans l'ensemble de données récoltées permettant de former la reconnaissance faciale, cela peut par la suite avoir des effets indésirables. C'est ainsi que la reconnaissance faciale n'a pas très bonne réputation quant à l'identification de personnes à la peau foncée. Google entend justement éviter cela à tout prix lors du lancement du Pixel 4 cet automne. Le nouveau smartphone devra pouvoir reconnaitre différents types de visage.

Le géant technologique dispose via Google Photos notamment déjà d'un gigantesque gisement de données d'images de visages. La nouvelle reconnaissance faciale de Google utilise cependant un appareil photo infrarouge et est sensible à la profondeur. Pour mettre au point la technologie, l'entreprise avait donc besoin de 'véritables' scans de visages et est descendue dans la rue pour ce faire.

Quiconque achètera un Pixel 4 plus tard cette année, ne partagera pas ses données faciales avec Google. L'entreprise promet en effet que les scans seront stockés dans une puce sécurisée spéciale installée sur le téléphone. "Les données ne quitteront jamais votre téléphone. Les images qui seront utilisées pour le déverrouillage avec le visage ('face unlock'), ne seront jamais stockées avec d'autres services de Google", peut-on lire dans un communiqué posté sur son blog.

Les scans de visages effectués lors de 'l'enquête sur le terrain' seront cependant conservés pendant une année et demie, déclare Google à The Verge. Les participants qui regrettent d'avoir 'vendu' leur visage, peuvent demander à l'entreprise de supprimer leurs données. "Même si les données faciales ne peuvent être anonymes en soi, chaque participant se verra attribuer un numéro d'identité abstrait. Nous conserverons l'adresse e-mail de chaque participant séparément, afin de supprimer les données sur demande", indique Google.