Quiconque se souvient encore des beaux jours de la vague des 'wearables', sait aussi qu'entre-temps, un certain nombre d'entreprises ont disparu. Comme Pionier Pebble, par exemple, ou le concurrent de Fitbit, Jawbone. Cela ne signifie cependant pas que c'en est fini des 'wearables'. Au contraire, le marché de ces petits appareils portables a crû de 31,4 pour cent durant le dernier trimestre de 2018, selon International Data Corporation, alors qu'IDC notamment prévoit encore une forte progression dans les années à venir.

Ce que l'on a constaté, c'est que la guerre des prix est plus ou moins terminée. L'Apple Watch domine les appareils 'premium', alors que pour les prix cassés, il faut se tourner vers des marques chinoises telles Xiaomi, qui peuvent tenir à jour votre état de santé complet pour une trentaine d'euros. C'est au beau milieu de tout cela que Fitbit tente à présent de se frayer un chemin, tout en affrontant des géants technologiques comme Samsung et Huawei. La réponse, selon l'entreprise, réside dans la diversification.

Plus de gens qui font du sport

Fitbit lancera au printemps une série de nouveaux produits et va ainsi ratisser quelque peu plus large que ce qu'elle faisait précédemment. L'entreprise ciblera non seulement les sportifs classiques (qui ont cependant probablement déjà une montre connectée), mais aussi les débutants et les amateurs moins motivés.

Prenons l'exemple de la Versa Lite Edition, la Fibit 'complète' la plus économique sur le marché. Il s'agit d'une montre intelligente de 160 euros, qui doit surtout s'avérer simple à l'utilisation. La montre se commande au moyen d'un bouton unique. Elle est exempte de wifi, mais elle comprend un traceur de sommeil, un compteur de pas, un moniteur du rythme cardiaque, etc. et s'adresse aux personnes qui achètent pour la première fois une montre connectée.

Quant à la Fitbit Inspire, c'est un modèle pour les vrais débutants en fitness, qui coûtera 70 euros. "Nous voulons ainsi abaisser le seuil d'accès pour les gens qui désirent commencer à perdre du poids et à se lancer dans le fitness", explique Melanie Chase, vp marketing chez Fitbit, lors de la présentation à la presse. La version de base de l'instrument intègre toute une série de fonctions de santé et de fitness, comme l'enregistrement automatique des mouvements et du sommeil, et prévoit toutes sortes de badges pour atteindre des objectifs fixés. Une version quelque peu plus chère (quelque 100 euros) tiendra aussi à jour le pouls de l'utilisateur.

De plus, Fitbit a aussi présenté une nouvelle version de son instrument destiné aux enfants, l'Ace 2. A un prix de septante euros, l'Ace 2 est destiné à aider les enfants de six ans et plus (et leur famille) à prendre de saines habitudes.

La plate-forme

Ce qui est singulier ici, ce que tous ces instruments peuvent se connecter à la plate-forme Fitbit, un collecteur de données doublé d'un réseau social que l'entreprise compte encore étendre au moyen d'une nouvelle appli et de divers logiciels motivants. Fitbit n'entend pas uniquement fournir des traceurs ('trackers'), mais devenir aussi la glu sociale pour faire en sorte que les gens se livreront ensemble à des activités sportives.

"Depuis la fondation de Fitbit, il y a quasiment douze ans, nous aspirons à ce que les gens bougent d'une manière à la fois agréable et réaliste jusqu'à arriver à un mode de vie sain et ce, quel que soit leur niveau en fitness ou leur objectif. Actuellement, nous possédons dans le monde une communauté enthousiaste en croissance de plus de 27 millions d'utilisateurs actifs, qui bougent plus, dorment mieux, réduisent activement leur degré de stress, gèrent leur poids et vivent plus sainement grâce à l'utilisation de produits Fitbit. Voilà qui démontre bien la force de notre plate-forme et le succès des innovations permanentes de nos traceurs, montres connectées, fonctions logicielles et de l'appli mobile", affirme James Park, co-fondateur et CEO de Fitbit, dans un communiqué de presse.

Direction les soins de santé

Et puis, il y a encore le côté sérieux des activités. "Nous commençons à aider nos utilisateurs à entretenir leur condition générale et à atteindre leurs objectifs de fitness, mais nous allons toujours davantage aussi aider les personnes aux prises avec des affections plus graves, comme des problèmes de santé mentale, du diabète, etc.", explique Melanie Chase. "Nous collaborons par exemple avec des chercheurs cliniques pour voir dans quelle mesure le fait de bouger et de faire du sport peut entraîner une réduction du risque de cancer du sein."

Ce pas accompli en direction des soins de santé est assez récent, mais Fitbit y voit des possibilités pour l'avenir. La division 'Healthcare' de l'entreprise a crû de 8 pour cent l'année dernière et a fait rentrer 100 millions de dollars supplémentaires dans les caisses de l'entreprise. "Nous ne voulons plus être que l'appareil en tant que tel. Notre avenir se situe dans une combinaison de données, de la plate-forme et des utilisateurs formant un groupe", ajoute encore Chase. Avec ses traceurs, Fitbit veut supporter un vaste éventail de soins de santé, dont la perte de poids, le diabète, le manque de sommeil, la condition physique, la santé mentale et le stress. Ce qui n'est pas anodin ici, c'est la collaboration envisagée avec des assureurs et des entreprises, à l'instar de ce qui se fait aux Etats-Unis. Des appareils sont notamment achetés dans le cadre du 'Bien-être au Travail' chez Adobe et Domino's Pizza par exemple.