Il mena d'abord sa thèse à bien, puis effectua son doctorat. Neuf ans plus tard, Frederik Leys en avait terminé: créer un drone qui ne volait pas au moyen d'hélices, mais en battant des ailes, comme le font les insectes. Plus tôt cette année, son Robo Firefly, comme il s'appelle, effectua son premier vol à Louvain. Les ailes offrent certains avantages sur les hélices, selon le développeur: "Elles se caractérisent par une force porteuse supérieure, ce qui fait que le drone peut emporter plus de poids et qu'il peut voler de manière plus efficiente. Autre point fort: le son émis est nettement moins gênant et s'apparente à un léger bourdonnement."

Alors quoi? Cette rubrique est après tout consacrée aux jeunes entreprises et à la question implicite suivante: 'Quel problème voulez-vous résoudre?' Leys ne sait quoi répondre. Ce qui le fascine, c'est le défi technique. En réalité, son leitmotiv est de faire rêver les gens: "Si je peux inspirer avec les robots et les drones que je conçois, quelques enfants jouant encore au Lego, à s'intéresser à la technique, c'est mission réussie pour moi."

Mais Leys voit déjà plus loin. "Les drones deviendront toujours plus compacts à l'avenir", promet-il. "Cela progresse très vite à présent. Avant de s'en rendre compte, il y aura des appareils de la taille, disons, d'insectes toujours plus petits. Et qui seront équipés de caméras. On y est déjà presque." Mais quel en sera l'utilité une fois encore? Leys hausse les épaules: "'Le problème, c'est qu'il n'y a provisoirement encore que peu d'applications intéressantes pour les drones. Certes, ils peuvent effectuer des photos aériennes utilisables, et leur vitesse est un énorme atout pour le transport d'organes par exemple! Mais la livraison de petits colis à domicile, comme on l'expérimente actuellement, c'est une autre paire de manches. Cela se fera à terme par des robots autonomes. Il n'y a en effet aucune raison de choisir la voie aérienne."

Tout comme beaucoup d'autres drones, le Robo Firefly doit trouver sa place dans le monde en tant que gadget, selon Leys. Voilà pourquoi il s'est tourné vers la Chine. "D'abord, nous aurions souhaité prendre nous-mêmes en charge sa production. Au terme d'une première phase de capitalisation, au cours de laquelle nous avons récolté quelque 76.000 euros après d'un business angel, d'amis et de membres de la famille, nous avons lancé aux Etats-Unis une campagne de financement participatif ('crowdfunding') pour financer le projet. Cela ne s'est malheureusement pas fait. Il nous parut alors très difficile de tout réaliser par nous-mêmes, mais heureusement, nous avons suscité l'intérêt de grands producteurs de jouets chinois. Nous avons à présent noué des contacts avec certains d'entre eux, pour voir lequel souhaite acheter notre technologie sous licence en vue de sortir son propre drone. Nous terminons aujourd'hui notre prototype et en octobre, nous voulons le présenter en Asie, afin de finaliser le projet. L'objectif est qu'un fabricant lance d'ici décembre 2020 le drone massivement sur le marché."

Hummingdrones

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