Depuis fin de l'année passée déjà, les rumeurs vont bon train à propos du fait que Facebook prépare une crypto-monnaie spécifique. Officiellement, l'entreprise n'a encore fait aucun commentaire à ce propos, mais ces dernières semaines, divers médias en révèlent toujours plus de détails.

The Information a rencontré une douzaine de personnes en charge du projet et annonce que Facebook dévoilera ses plans ce mois-ci. Une date plus précise a même été mentionnée dans WirtschaftsWoche. Laura McCracken, en charge des services financiers pour l'Europe septentrionale chez Facebook, a en effet signalé à l'hebdomadaire allemand que le rapport sera rendu public le mardi 18 juin.

L'enfant a-t-il déjà reçu un prénom?

La BBC avait précédemment déjà indiqué que Facebook envisageait de tester sa monnaie d'ici la fin de l'année, afin de pouvoir la lancer en 2020. La chaîne nationale britannique a évoqué à ce sujet le terme 'GlobalCoin', comme on appellerait la monnaie en interne.

L'agence Reuters fait à son tour observer que Facebook a enregistré début mai en Suisse une entreprise 'fintech' répondant à l'appellation 'Libra Networks'. Depuis lors, les supputations vont toujours plus dans le sens de 'Libra' (le terme latin pour balance). Mais rien n'est moins sûr. Libra peut tout aussi bien être le nom du réseau, et GlobalCoin celui de la monnaie.

Sera-ce une véritable crypto-monnaie?

La comparaison avec le bitcoin a été assez vite établie. Tout semble en effet indiquer que les transactions seront conservées dans une chaîne de blocs, tout comme c'est le cas pour les crypto-monnaies. Mais la comparaison s'arrête là, car la monnaie de Facebook sera assurément une 'StableCoin' qui sera associée à un ensemble d'importantes espèces internationales. Ce cours de change fixe devrait éviter que la monnaie connaisse d'aussi grandes oscillations que celles du bitcoin.

Contrairement aux crypto-monnaies 'décentralisées', celle de Facebook sera en outre gérée par une instance centrale. Pour rassurer les contrôleurs financiers, Facebook confiera ce contrôle à une organisation indépendante, selon The Information.

Qui approuvera les transactions?

La validité des transactions en bitcoin est vérifiée par des milliers de noeuds (nodes) comme on les appelle. Dans le cas de la monnaie de Facebook, ces noeuds ne seraient pas gérés par les utilisateurs de ladite monnaie, mais par des entreprises qui co-investissent dans le projet. Pour une licence permettant d'exploiter un noeud sur le réseau, Facebook demanderait, selon la rumeur, dix millions de dollars. L'entreprise ciblerait dans un premier temps 100 noeuds et espère donc récolter un milliard de dollars. Ce montant devrait assurément servir de matelas en vue de maintenir la stabilité de la valeur de la monnaie.

The Wall Street Journal a annoncé jeudi les premiers noms intéressés par le projet. Selon le journal, Visa, Mastercard, PayPal, Uber, Booking.com, Stripe, MercadoLibre, plus cinq autres entreprises (fin)tech investiront chacune dix millions de dollars dans le projet. On ne sait cependant pas ce qu'elles obtiendront en échange. 'Des données de paiement', à en croire les spéculations des experts.

Pourquoi Facebook veut-elle sa propre monnaie?

Tourmentée par des scandales en matière de respect de la vie privée, Facebook avait annoncé au début de l'année qu'elle allait changer de cap pour suivre une direction, où les gens pourraient chatter discrètement, où Instagram, WhatsApp et Facebook Messenger seraient combinées et où moins de données personnelles seraient collectées. Rien n'avait toutefois filtré à propos du nouveau modèle commercial.

Mark Zuckerberg fit bien à l'une ou l'autre reprise allusion au fait que l'e-commerce et les paiements en ligne constitueraient le futur de son entreprise. "Il devrait être aussi facile d'envoyer de l'argent qu'une photo à quelqu'un", avait ainsi déclaré le CEO de Facebook lors de la conférence pour développeurs F8. On y entendit aussi que les utilisateurs d'Instagram devraient pouvoir acheter directement les produits promotionnés par les 'influenceurs'.

Aux dires de certains initiés, Facebook entend faciliter ce genre de transaction. Selon The Information, l'entreprise veut aussi permettre à son personnel d'être payé en monnaie Facebook. D'autres encore spéculent sur le fait que Facebook souhaite utiliser la monnaie comme une sorte de carte de banque, afin de récompenser par exemple les utilisateurs qui visionnent un grand nombre de publicités ou qui interagissent beaucoup sur le réseau social.

On en saura probablement plus la semaine prochaine.