Les mesures que Facebook veut prendre, feront notamment en sorte que seules des institutions reconnues soient autorisées à insérer des annonces pour les prochaines élections européennes qui auront lieu fin mai. Il y aura aussi une sorte de 'bibliothèque', où les gens pourront voir quelles annonces quelqu'un a insérées, quelle somme d'argent a été dépensée et quelles personnes ont visionné les messages. Facebook avait annoncé cette ambition il y a quelques mois déjà, mais confirme à présent que cela vaudra aussi pour l'Europe.

Facebook entend aussi utiliser davantage de collaborateurs, afin qu'ils interviennent en cas de risque de problème. En Irlande et à Singapour, des centres régionaux seront mis en oeuvre pour former une ''ligne de défense supplémentaire contre la désinformation et la haine et ce, en vue de sauvegarder l'intégrité des élections''.

Facebook supprimera les messages enfreignant les règles. Il y aura pourtant aussi des messages respectant les règles, mais susceptibles ''de miner l'authenticité de la plate-forme'', comme des histoires à sensation. Ces messages figureront plus bas sur la ligne de temps des utilisateurs. Si les gens voient moins de messages de ce genre, ils seront aussi moins partagés.

Cette année, il n'y aura pas seulement des élections pour le Parlement européen. Dans notre pays se tiendront en effet également des élections fédérales et régionales. Il y aura en outre aussi des scrutins aux Pays-Bas, en Israël, au Danemark, en Grèce, en Pologne, en Ukraine, au Nigeria, en Tunisie, en Afrique du Sud, en Thaïlande, en Indonésie et en Inde. On ne sait cependant pas si Facebook consentira aussi des efforts sur le plan local.

La question est de savoir si le contrôle se fera de manière fluide. Facebook est par exemple capable de démasquer de fausses nouvelles au moyen de l'AI, mais essentiellement en anglais. On ignore donc comment cela se passera en français, en néerlandais, en espagnol, en hongrois, voire en catalan.

Des efforts insuffisants

Depuis un an, Facebook aime évoquer les efforts qu'elle déploie en vue de limiter les fausses nouvelles sur sa plate-forme, mais l'entreprise ne semble provisoirement pas vraiment y être arrivée. C'est ainsi que le site d'actualité Vice a réussi en octobre dernier à insérer sans le moindre contrôle des annonces au nom de cent sénateurs américains sur le réseau social.

La banque de données de publicités politiques suscite aussi des remarques. Il s'avère certes utile que Facebook prenne ce genre d'initiative, mais en même temps, le site web politique Propublica fait observer qu'elle disposait elle-même de ce genre de banque de données, mais que Facebook adapte activement son code pour enrayer son bon fonctionnement. Des initiatives similaires chez Mozilla et à la VRT par exemple sont aussi bloquées par Facebook.

Que la banque de données fonctionne bien et tienne effectivement à jour toutes les annonces politiques, ce sera donc sous le seul contrôle de Facebook. Or on sait que sur le plan de la bonne foi et de la sincérité, cette entreprise est en train d'établir un triste record.