Il y a deux ans, on apprenait qu'à cause d'une erreur de calcul, Facebook avait gonflé la popularité des vidéos publicitaires. Cela donnait l'impression que la durée de visionnement moyenne de ces vidéos était beaucoup plus longue sur Facebook que sur les plates-formes concurrentes telles YouTube ou Twitter.

A l'époque, Facebook attribua le problème à une simple faute de calcul qui avait été récemment découverte, puis immédiatement corrigée. Le fait est que la durée de visionnement moyenne d'une vidéo avait été ainsi gonflée de 60 à 80 pour cent et que l'erreur en question n'avait pas été rendue immédiatement publique.

A présent, des documents liés à un procès intenté par des annonceurs montrent que Facebook le savait depuis bien plus longtemps et que le problème était nettement plus important que ce qu'elle affirmait au départ.

C'est ainsi que certains annonceurs mettaient en doute la durée de visionnement réelle en 2015 déjà, mais l'entreprise ne fit rien pendant un an pour corriger ses statistiques. Selon les documents que le Wall Street Journal a pu consulter, Facebook avait découvert le problème en janvier 2015 et savait quelques mois plus tard qu'il était dû à une méthode de calcul erronée.

De 80 à 900 pour cent

Il s'avère désormais aussi que les chiffres de visionnement des vidéos ont été gonflés bien davantage qu'imaginé de prime abord. A l'époque, Facebook prétendait qu'en raison de l'erreur de calcul, les chiffres étaient supérieurs de 60 à 80 pour cent de ce qu'ils devaient être en réalité. Or les documents, qui proviennent de la 'cuisine' interne de Facebook, évoquent, eux, 150 à 900 pour cent.

Dans le procès en cours, Facebook est à présent accusée de fraude, étant donné que l'entreprise a dissimulé intentionnellement son erreur et a trompé les annonceurs en les incitant à miser plus rapidement sur la vidéo et à la placer sur Facebook moyennant paiement.

Facebook dément

Dans plusieurs médias américains, Facebook a entre-temps démenti avec force avoir dissimulé le problème, et affirme avoir informé ses partenaires, dès qu'elle a découvert l'erreur de calcul. Cette prise de position contredit pourtant directement le contenu des documents de l'entreprise même, qui ont été rendus publics au tribunal.

Le site de socialisation joue donc gros dans cette affaire. Même si l'entreprise a été toute l'année durant pointée du doigt en raison des scandales de confidentialité qui touchent ses utilisateurs, ce sont les annonceurs qui sont ses véritables clients. Facebook tire en effet aujourd'hui quelque 97 pour cent de son chiffre d'affaires des annonceurs. Si ces derniers ne croient plus ce que le réseau social leur promet, l'entreprise risque de vivre une mauvaise passe financière.