Lorsque le législateur australien prépara en 2020 une loi obligeant des acteurs tels Google et Facebook à payer les informations qui étaient partagées sur leurs plates-formes respectives, la sonnette d'alarme retentit chez Facebook. Cette loi allait en effet coûter de l'argent à l'entreprise et pouvait créer un précédent dans d'autres pays.

En réaction après l'approbation d'une première version de la loi, Facebook décida de fermer préventivement toutes les pages d'actualités sur sa plate-forme, formellement parce que si elle ne le faisait pas, cela aurait pu enfreindre ladite loi. Mais cela s'est mal passé. Non seulement les pages d'actualités furent fermées, mais aussi des milliers d'autres pages. Y compris les pages Facebook des hôpitaux et des ONG, précisément au moment où le pays était occupé à une campagne de vaccination anti-corona.

Il ressort à présent de documents et de témoignages déposés auprès des autorités américaines et australiennes et visionnés par le Wall Street Journal, qu'il s'agissait là d'une tactique tout à fait délibérée. En bloquant ainsi de manière très large et maladroite, Facebook bénéficiait en effet d'une meilleure position dans la mesure où cela pouvait démontrer qu'une loi à laquelle elle devait se conformer, pouvait avoir de nombreux effets 'indésirables'. En raison de cette erreur intentionnelle, de nombreuses pages passèrent hors ligne sans le moindre avertissement, alors qu'il n'y avait aucune possibilité de faire appel.

'Nous avons atterri exactement là où nous voulions'

Mais l'ambiance était toute autre en interne. 'Nous avons atterri exactement là où nous voulions', peut-on lire dans un mail de félicitations émis par Campbell Brown, en charge des partenariats chez Facebook, peu après l'adoption de la loi quelques jours plus tard. Il aurait plaidé pour une attitude agressive. Le CEO Mark Zuckerberg et la COO Sheryl Sandberg en furent également informés et envoyèrent leurs félicitations aux équipes concernées.

La loi en question fut finalement à ce point affaiblie que Facebook ne doit encore et toujours rien verser un an après la date, même si elle a entre-temps conclu des accords individuels avec des éditeurs.

Formellement, Facebook se retranche encore et toujours derrière l'argument, selon lequel il s'agissait d'une erreur de sa part. C'est ainsi que la loi australienne n'a pas de définition du terme actualités, ce qui fait que l'algorithme qui a supprimé les pages, a dû fonctionner de manière très large. Mais cela, c'est également un non-sens. C'est ainsi que Facebook possédait depuis assez longtemps déjà une base de données d'éditeurs connus, qui correspondait amplement à ce qu'elle voulait soi-disant bloquer, mais elle ne fut pas utilisée.

Solutions ignorées

Des employés, qui n'étaient pourtant pas au courant du projet, tirèrent eux aussi la sonnette d'alarme en interne. Ils furent prompts à faire savoir qu'il y avait eu faute et proposèrent des solutions auxquelles ils n'eurent pas de réponse ou à tout le moins tardivement.

Un employé déclare au Wall Street Journal que l'application se déroula elle aussi différemment que d'habitude. Généralement, les nouvelles fonctions sont déployées progressivement avec des tests sur un petit nombre d'utilisateurs, afin d'identifier des erreurs en temps voulu. Or, lors du blocage des pages, on en arriva directement à la moitié, puis dans un second temps à l'ensemble des utilisateurs australiens et ce, en quelques heures.

Lorsque le législateur australien prépara en 2020 une loi obligeant des acteurs tels Google et Facebook à payer les informations qui étaient partagées sur leurs plates-formes respectives, la sonnette d'alarme retentit chez Facebook. Cette loi allait en effet coûter de l'argent à l'entreprise et pouvait créer un précédent dans d'autres pays.En réaction après l'approbation d'une première version de la loi, Facebook décida de fermer préventivement toutes les pages d'actualités sur sa plate-forme, formellement parce que si elle ne le faisait pas, cela aurait pu enfreindre ladite loi. Mais cela s'est mal passé. Non seulement les pages d'actualités furent fermées, mais aussi des milliers d'autres pages. Y compris les pages Facebook des hôpitaux et des ONG, précisément au moment où le pays était occupé à une campagne de vaccination anti-corona.Il ressort à présent de documents et de témoignages déposés auprès des autorités américaines et australiennes et visionnés par le Wall Street Journal, qu'il s'agissait là d'une tactique tout à fait délibérée. En bloquant ainsi de manière très large et maladroite, Facebook bénéficiait en effet d'une meilleure position dans la mesure où cela pouvait démontrer qu'une loi à laquelle elle devait se conformer, pouvait avoir de nombreux effets 'indésirables'. En raison de cette erreur intentionnelle, de nombreuses pages passèrent hors ligne sans le moindre avertissement, alors qu'il n'y avait aucune possibilité de faire appel.Mais l'ambiance était toute autre en interne. 'Nous avons atterri exactement là où nous voulions', peut-on lire dans un mail de félicitations émis par Campbell Brown, en charge des partenariats chez Facebook, peu après l'adoption de la loi quelques jours plus tard. Il aurait plaidé pour une attitude agressive. Le CEO Mark Zuckerberg et la COO Sheryl Sandberg en furent également informés et envoyèrent leurs félicitations aux équipes concernées.La loi en question fut finalement à ce point affaiblie que Facebook ne doit encore et toujours rien verser un an après la date, même si elle a entre-temps conclu des accords individuels avec des éditeurs.Formellement, Facebook se retranche encore et toujours derrière l'argument, selon lequel il s'agissait d'une erreur de sa part. C'est ainsi que la loi australienne n'a pas de définition du terme actualités, ce qui fait que l'algorithme qui a supprimé les pages, a dû fonctionner de manière très large. Mais cela, c'est également un non-sens. C'est ainsi que Facebook possédait depuis assez longtemps déjà une base de données d'éditeurs connus, qui correspondait amplement à ce qu'elle voulait soi-disant bloquer, mais elle ne fut pas utilisée.Des employés, qui n'étaient pourtant pas au courant du projet, tirèrent eux aussi la sonnette d'alarme en interne. Ils furent prompts à faire savoir qu'il y avait eu faute et proposèrent des solutions auxquelles ils n'eurent pas de réponse ou à tout le moins tardivement.Un employé déclare au Wall Street Journal que l'application se déroula elle aussi différemment que d'habitude. Généralement, les nouvelles fonctions sont déployées progressivement avec des tests sur un petit nombre d'utilisateurs, afin d'identifier des erreurs en temps voulu. Or, lors du blocage des pages, on en arriva directement à la moitié, puis dans un second temps à l'ensemble des utilisateurs australiens et ce, en quelques heures.