L'enquête menée par le département américain de la Justice et par le contrôleur boursier SEC porte, selon le Wall Street Journal, sur la façon dont Microsoft a en 2013 et 2014 vendu des logiciels, moyennant une forte ristourne, à des intermédiaires, lesquels les ont par après revendus au prix plein à des agences publiques hongroises.

L'octroi de remises, surtout dans le cas de gros volumes, n'est pas exceptionnel, mais l'enquête devra déterminer si la différence entre le prix de vente et le prix de revente n'a pas été utilisée à des fins de corruption et de versement de pots de vin.

Microsoft aurait imaginé ce plan en 2012, afin de convaincre les autorités hongroises de renoncer aux alternatives gratuites de concurrents. Dans ce cadre, l'ex-COO Kevin Turner aurait rencontré le premier ministre hongrois Viktor Orban et plusieurs chefs d'entreprise. Au cours des années qui suivirent, Microsoft a écoulé pour trente millions de dollars par an de logiciels par le truchement de ces entreprises, parfois avec trente pour cent de réduction.

Au Wall Street Journal, on déclare chez Microsoft vouloir collaborer à l'enquête et avoir déjà en interne examiné si des erreurs avaient été commises dans cette affaire en Hongrie. A l'époque, quatre personnes avaient été licenciées, dont le country manager Istvan Papp, et la collaboration avec quatre partenaires avait été interrompue. De son côté, Papp signale au journal que ses relations avec l'entreprise sont bonnes, sans autre explication.