Des Russes manifestent contre une nouvelle loi sur la cyber-sécurité

11/03/19 à 13:40 - Mise à jour à 13:52

Source: Datanews

Des milliers de personnes sont descendues dans la rue en Russie pour protester contre une nouvelle loi sur la cyber-sécurité, laquelle amplifierait sensiblement la censure dans le pays.

Des Russes manifestent contre une nouvelle loi sur la cyber-sécurité

© P.G.

Le mois dernier, le Parlement russe à apporté son soutien à la loi contestée. La Russie pourrait en vertu de celle-ci couper tout le pays du web mondial. Selon les autorités russes, la loi a pour but d'améliorer la cyber-sécurité nationale et de rendre le pays moins dépendant des serveurs américains. Les opposants y voient toutefois une tentative d'intensifier la censure et de juguler les critiques à l'égard du gouvernement.

L'un des effets de la loi est que le trafic internet en Russie ne pourrait plus transiter via des serveurs étrangers. Ce faisant, l'ensemble du trafic intérieur serait plus facile à intercepter par Roskomnazor, le contrôleur télécom russe, qui sert aussi de censeur de l'état.

Selon les activistes, quelque 15.000 personnes ont donc manifesté dans les rues de Moscou et de deux autres villes russes. De son côté, la police estime que le nombre des contestataires était de moitié moindre. La loi a été introduite le mois dernier à des fins de réactions de la part du Parlement, et devrait en revenir plus tard ce mois-ci en vue d'être approuvée. Elle sera ensuite signée par le président Vladimir Poutine.

Cette nouvelle loi n'est qu'une d'une longue liste de règles par lesquelles la Russie resserre sérieusement la vis sur internet ces dernières années. La semaine dernière encore, le Parlement a voté deux lois condamnant les 'fake news' (fausses nouvelles) et l'irrespect vis-à-vis des autorités. Pour ce qui est de la loi sur les 'fake news', il est question d'une obligation pour les sites d'actualité de supprimer directement les messages si Roskomnazor l'exige. Si tel n'est pas le cas, les sites web seront bloqués. Le Parlement considère cependant les fausses nouvelles dans un sens assez large, lorsque toute info non vérifiée risque de menacer la vie, la santé ou la propriété de quelqu'un, ou lorsque des messages peuvent mettre en danger des infrastructures vitales, les transports, les services sociaux, les établissements de crédits ou des installations industrielles.