Le trio voudrait prendre quelque peu ses distances, à présent que la monnaie virtuelle suscite toujours plus d'attention, mais aussi de critiques de la part de diverses autorités et instances de réglementation. Il convient cependant d'écrire que ces partenaires continuent de croire dans le concept même du projet, qui pourrait conduire notamment à la possibilité d'une plus grande inclusion financière, par laquelle davantage de personnes auraient accès aux moyens pécuniaires.

Le libra a été annoncé en juin par Facebook, conjointement avec 27 partenaires. L'idée sous-jacente est de lancer un portemonnaie numérique contenant une crypto-monnaie propre, liée à un panier d'espèces internationales, afin de maintenir sa stabilité. Depuis l'annonce, diverses autorités, instances bancaires et adeptes du respect de la vie privée ont cependant exprimé leurs préoccupations quant à ce projet. L'UE aurait entamé une enquête antitrust, tandis que le législateur américain se fait du souci à propos d'abus possibles de la part de personnes mal intentionnées.

La gestion de la monnaie serait en charge de la Libra Association, un groupe de 28 membres, dont PayPal, Visa, Uber, Spotify, Coinbase, etc. Parmi ces membres, certains souhaiteraient à présent faire quelque peu marche arrière, selon le Financial Times parce qu'ils craignent que les différentes autorités et contrôleurs puissent orienter leurs vérifications dans leur direction. L'une des entreprises évoquées par le journal considère aujourd'hui aussi que le projet libra pourrait nuire à son image. "Je pense que la situation devient difficile pour les partenaires de soutenir le libra, parce qu'ils veulent être considérés comme étant en règle vis-à-vis de leurs propres autorités", déclare ainsi un responsable interviewé dans le journal.

Facebook a déclaré qu'elle ne lancerait pas le Libra avant que tous les problèmes en matière de réglementation ne soient résolus, mais elle planifie quand même sa monnaie pour le premier semestre de l'année prochaine.