Ce blocage n'est pas d'une grande ampleur, mais il n'empêche que deux fournisseurs ont bravé l'interdit. Selon le chercheur Valerio Luconi, qui a mené l'enquête avec l'aide du programme européen Horizon 2020, les entreprises espagnoles Vodafone et Yoigo se rendent coupables de ce genre de ralentissement ou de blocage.

Il est question d'un test à très petite échelle effectué avec des fournisseurs d'Italie, de Norvège, d'Espagne et de Suède. Les opérateurs belges n'ont donc pas été pris en compte lors de cette enquête.

Luconi a examiné neuf fournisseurs et a constaté que trois d'entre eux avaient perturbé le trafic BitTorrent. Lors d'un examen plus approfondi, il s'avéra que le problème n'était pas imputable à l'un des trois fournisseurs (le suédois Telenor), alors que tel était bien le cas pour les deux autres (Vodafone et Yoigo, tous deux en Espagne).

Chez Vodafone, le trafic BitTorrent était limité en vitesse tant sur le port par défaut (6881) que supérieur. Cela incita le chercheur à soupçonner que le fournisseur appliquait ce qu'on appelle en jargon la 'deep packet inspection', par laquelle le trafic est vérifié en détail par le fournisseur.

Chez Yoigo, le trafic était aussi limité, mais le chercheur observa que le contrôle l'était également. Le trafic BitTorrent s'y interrompait complètement au bout d'un temps, ce qui fait que le chercheur conclut que le fournisseur se livrait à du blocage de port en combinaison avec d'autres techniques.

Le site d'informations Torrentfreak fait observer que le blocage ou le retard n'est pas toléré conformément à la neutralité du net adoptée par l'Europe en 2015, même si cela mérite quand même une nuance. C'est ainsi que le trafic Torrent est parfois ralenti, notamment par des fournisseurs belges. Formellement, cela s'appelle du 'traffic shaping' (régulation de flux), auquel les opérateurs ont recours pour éviter que le réseau ne soit sur-sollicité.