Le concept s'appelle V2G (Vehicle-to-Grid) et repose sur le fait que les voitures électriques renvoient leur énergie sur le réseau. A grande échelle, ce genre de mécanisme pourrait faire en sorte que les pics (à prévoir) dans la consommation de courant soient mieux captés. Pour les propriétaires d'un véhicule électrique, l'avantage consisterait à pouvoir vendre le courant en périodes de pointe plus cher que lorsqu'ils effectuent eux-mêmes des recharges en heures creuses.

EDF, la société mère de Luminus, est, selon l'agence de presse Reuters, occupée à mettre sur pied un réseau V2G commercial en Europe. Elle collabore pour ce faire avec l'américaine Nuwe et ce, spécifiquement pour les voitures électriques de Nissan et Mitsubishi. Quant au fournisseur d'énergie italien Enel, il a, conjointement avec Nissan et Nuwe, déjà aussi des projets-pilotes en cours au Danemark, aux Pays-Bas, à Rome et à Gènes.

Pour sa part, E.ON collabore avec Nissan pour des services basés sur le réseau V2G, notamment la prévision de pics, mais aussi la collecte et la commercialisation de données de recharge.

L'agence de presse Reuters évoque toutefois l'un ou l'autre obstacle sur la route du concept V2G. C'est ainsi que la norme de recharge européenne CCS (Combined Charging System) n'a pas été conçue pour envoyer l'électricité dans les deux sens, mais elle se focalise surtout sur une recharge rapide. La norme japonaise CHAdeMO le peut, elle.

En outre, les constructeurs automobiles européens ne sont guère enthousiastes vis-à-vis de cette initiative. Reuters a ainsi rencontré IONITY, une co-entreprise de Volkswagen, Daimler, BMW et Ford, qui prépare un réseau européen de stations de recharge rapides. L'agence n'y a perçu que peu d'intérêt pour le concept, à moins qu'il ne soit combiné à un système de recharge externe (comme une batterie à la maison). Quant à Tesla, elle s'est abstenue de tout commentaire.

En Chine par contre, il y a un intérêt. Dans ce pays, les voitures électriques utilisent la norme GB/T qui ne prévoit pas non plus le renvoi du courant sur le réseau. Mais le Conseil pour l'électricité chinois a l'année dernière conclu un accord avec l'association CHAdeMO (à l'initiative de la norme de recharge japonaise), en vue de mettre au point une connexion fonctionnant dans les deux sens.