La cause cette affaire réside dans le logiciel Horizon distribué par Fujitsu. Ce logiciel a été déployé en 1999 par le Post Office britannique, afin de régler notamment la gestion des transactions, la comptabilité et la logistique des différents bureaux de poste. Il contenait cependant des bugs, ce qui fait que les calculs n'étaient pas corrects en fin de mois. Il arrivait que des milliers de livres en moins soient rapportés.

Sur base de ces rapports, le Post Office demanda aux directeurs des bureaux postaux à faire de leur poche l'appoint des déficits. Ceux qui refusaient, étaient poursuivis en justice. En tout, le Post Office poursuivit quelque 736 employés entre 2000 et 2014. Cela revient à environ une poursuite par semaine. Quelques-uns de ces employés se virent condamnés entre autres à des peines de prison pour fraude comptable et vol. Nombreux furent ceux à avoir connu la ruine ou leur réputation profondément entachée.

Long procès

La semaine dernière, 39 de ces condamnations ont été abolies d'un coup par la cour d'appel. Le Post Office ne trouva pas d'objection à la suppression de la sanction. Cela signifiait donc que les personnes concernées n'avaient précédemment pas été jugées équitablement. Selon le juge, il s'agissait là d'un 'affront à l'opinion publique', ce qui permet à présent aux postiers d'attaquer le Post Office pour poursuite malveillante.

Il fallut en fin de compte attendre vingt ans, avant qu'une partie des condamnations soit abolie. Après qu'un groupe de 550 personnes concernées aient porté l'affaire à un niveau judiciaire supérieur, l'instance décida en décembre 2019 que le logiciel Horizon 'n'était - et de loin - pas suffisamment sûr' durant les dix premières années où il fut utilisé, et que même par la suite, il contenait encore des failles. Le Post Office trouva alors aussi un arrangement avec les plaignants d'un montant de 12 millions d'euros, à répartir entre les personnes concernées. Le jugement ouvrait aussi la porte à des procédures d'appel. A ce jour, 51 procès ont été renvoyés en justice pour réexamen, alors que six condamnations ont été précédemment abolies. 25 procès sont encore en cours.

Scandale

Avec les 39 révisions de la semaine dernière, cette affaire constitue l'un des plus grands scandales judiciaires au Royaume-Uni. Jamais encore, il n'y eut en effet autant de condamnations abolies en une seule fois dans ce pays. C'est là aussi un exemple particulièrement pénible de mauvaise direction, étant donné que le Post Office a clairement décidé des années durant que le logiciel était infaillible et nettement plus fiable que la parole de centaines de ses collaborateurs.

La poste britannique a décidé plus tôt ce mois-ci de délaisser Horizon au profit d'un nouveau système comptable basé sur le nuage et ce, pour ses 11.500 bureaux. Une enquête est également à cours à propos de quelques collaborateurs de Fujitsu qui se livrèrent à des parjures lors des procès en question.

La cause cette affaire réside dans le logiciel Horizon distribué par Fujitsu. Ce logiciel a été déployé en 1999 par le Post Office britannique, afin de régler notamment la gestion des transactions, la comptabilité et la logistique des différents bureaux de poste. Il contenait cependant des bugs, ce qui fait que les calculs n'étaient pas corrects en fin de mois. Il arrivait que des milliers de livres en moins soient rapportés.Sur base de ces rapports, le Post Office demanda aux directeurs des bureaux postaux à faire de leur poche l'appoint des déficits. Ceux qui refusaient, étaient poursuivis en justice. En tout, le Post Office poursuivit quelque 736 employés entre 2000 et 2014. Cela revient à environ une poursuite par semaine. Quelques-uns de ces employés se virent condamnés entre autres à des peines de prison pour fraude comptable et vol. Nombreux furent ceux à avoir connu la ruine ou leur réputation profondément entachée.La semaine dernière, 39 de ces condamnations ont été abolies d'un coup par la cour d'appel. Le Post Office ne trouva pas d'objection à la suppression de la sanction. Cela signifiait donc que les personnes concernées n'avaient précédemment pas été jugées équitablement. Selon le juge, il s'agissait là d'un 'affront à l'opinion publique', ce qui permet à présent aux postiers d'attaquer le Post Office pour poursuite malveillante.Il fallut en fin de compte attendre vingt ans, avant qu'une partie des condamnations soit abolie. Après qu'un groupe de 550 personnes concernées aient porté l'affaire à un niveau judiciaire supérieur, l'instance décida en décembre 2019 que le logiciel Horizon 'n'était - et de loin - pas suffisamment sûr' durant les dix premières années où il fut utilisé, et que même par la suite, il contenait encore des failles. Le Post Office trouva alors aussi un arrangement avec les plaignants d'un montant de 12 millions d'euros, à répartir entre les personnes concernées. Le jugement ouvrait aussi la porte à des procédures d'appel. A ce jour, 51 procès ont été renvoyés en justice pour réexamen, alors que six condamnations ont été précédemment abolies. 25 procès sont encore en cours.Avec les 39 révisions de la semaine dernière, cette affaire constitue l'un des plus grands scandales judiciaires au Royaume-Uni. Jamais encore, il n'y eut en effet autant de condamnations abolies en une seule fois dans ce pays. C'est là aussi un exemple particulièrement pénible de mauvaise direction, étant donné que le Post Office a clairement décidé des années durant que le logiciel était infaillible et nettement plus fiable que la parole de centaines de ses collaborateurs.La poste britannique a décidé plus tôt ce mois-ci de délaisser Horizon au profit d'un nouveau système comptable basé sur le nuage et ce, pour ses 11.500 bureaux. Une enquête est également à cours à propos de quelques collaborateurs de Fujitsu qui se livrèrent à des parjures lors des procès en question.