Baudewijns a emporté plusieurs ordinateurs pour vérifier ce qui s'était passé durant le séjour de la mission belge. Durant l'après-midi de lundi, il a ainsi recensé 135 cyber-attaques par heure. "Je savais qu'il y avait des problèmes au niveau de la sécurité du trafic internet en Chine, mais c'était encore pire que je croyais", a affirme le cyber-spécialiste.

"Nous sommes au courant de cette problématique", a-t-on réagi samedi au ministère des affaires étrangères, sans donner plus de détails. Les cyber-attaques représentent un sacré défi à relever dans le monde entier. C'est pourquoi, avant même le départ de la mission en Chine, des mesures préventives avaient été prises, selon le porte-parole du service public fédéral affaires étrangères. "Tel est du reste le cas pour chaque mission. Nous prenons des mesures préventives en concertation avec les services de sécurité."

C'est Geert Baudewijns de l'entreprise de sécurité Secutec, spécialisée en sécurisation anti-pirates, qui a révélé la nouvelle des cyber-attaques. "Ce fut pire qu'attendu, mais heureusement, nous y étions préparés", prétend-il. L'expert, qui accompagnait la mission en Chine, a enregistré lundi après-midi pas moins de 135 cyber-attaques par heure. Il est possible que ce soit la sécurité d'Etat chinoise qui ait lancé ces attaques, selon lui. Baudewijns a une fois encore insisté sur le fait que la délégation officielle belge était bien prépare. C'est ainsi que les membres de la mission disposaient d'appareils mobiles qui seront tout simplement mis au rebut en Belgique. Mais l'expert craint que certaines entreprises participantes sous-estiment le danger. La délégation belge en Chine se composait de la princesse Astrid, ainsi que de plusieurs ministres et représentants de dizaines d'entreprises.

La porte-parole de la sécurité d'Etat belge, Ingrid Van Daele, déclare à ce propos: "Nous avons briefé la mission avant le départ, comme nous le faisons avec d'autres missions." Mais il n'y a pas que la délégation officielle qui a reçu un briefing. La sécurité d'Etat l'a fait aussi pour les entreprises présentes par le biais des agences de commerce régionales, telles Flanders Investment and Trade, ainsi des fédérations d'entreprises.

Les mesures prises ne s'appliquent pas qu'à la Chine, mais aussi à toute mission en visite à l'étranger. Sur son site web www.vsse.be, le service de renseignements a aussi publié une brochure contenant des conseils en vue de sécuriser les données en dehors de nos frontières. Le mieux qu'un membre d'une délégation en mission puisse faire par exemple, c'est utiliser un GSM spécifique pour l'occasion, selon Van Daele. Au retour, ce smartphone peut alors être contrôlé et/ou nettoyé par un expert. Le service conseille par exemple aussi de ne pas utiliser les réseaux wifi, de ne pas poster de données de localisation, de ne pas recourir à des bornes publiques pour recharger la batterie du smartphone,... Toute personne ayant fait l'objet d'un piratage, est invitée au retour de mission à le signaler à la sécurité d'Etat ou au centre pour la cyber-sécurité.