Il s'agit là d'un doctorat de quatre ans de recherche qui se cristallise aujourd'hui enfin. Marko Topalovic s'était rendu compte depuis assez longtemps déjà de la façon dont les médecins étaient condamnés à évaluer manuellement les tests pulmonaires. 'Il est néanmoins possible de comparer le type de test avec un électrocardiogramme (ECG), où des interprétations pilotées par ordinateur sont disponibles. Pour ce test pulmonaire, cela n'existait pas, et chaque médecin devait lui-même consacrer beaucoup de temps à la compréhension des résultats. Beaucoup de choses dépendent alors de son expertise, ce qui fait que la sentence peut souvent varier très fort d'un médecin à l'autre et qu'il est parfois difficile de poser un diagnostic final. Voilà pourquoi j'ai recherché une façon de convertir automatiquement les résultats en un verdict transparent.'

Sur base des données d'un grand nombre de patients flamands, Topalovic mit au point un algorithme, qui identifie ces derniers et peut ainsi poser un diagnostic. 'En comparant les nombreux cas dans la banque de données, l'algorithme est capable de déceler des affections similaires', explique-t-il. 'Nous pouvons ainsi détecter les huit maladies pulmonaires les plus fréquentes: de l'asthme jusqu'aux affections pulmonaires interstitielles en passant par la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Et avec un grand succès. Un test comparatif réunissant 120 médecins européens a démontré qu'ils atteignaient une précision de 45 pour cent en moyenne. Notre algorithme, lui, atteint les 80 pour cent et peut donc s'avérer une aide appréciable dans l'interprétation des longues séries chiffrées.'

ArtiQ fonctionne comme une API qui interagit avec les données des patients d'un hôpital ou directement avec les machines de tests pulmonaires. 'Les prochaines semaines, le produit sera certifié en tant qu'application médicale, et dès que tel sera le cas, nous le lancerons', affirme le co-fondateur. 'Nous avons déjà noué des contacts avec quelques hôpitaux intéressés, et nous sommes prêts à en parler avec d'autres encore. L'objectif est de garder la main sur la vente dans ce pays, mais nous cherchons des distributeurs à l'étranger. Nous voulons en effet nous tourner aussi rapidement que possible vers les Pays-Bas et le Luxembourg, puis vers le reste de l'Europe.'

D'ici la fin de l'année, ArtiQ entend mettre en oeuvre la technologie dans les hôpitaux belges. Il existe pas mal de possibilités de croissance également au niveau international. En plus du logiciel pour les pneumologues, l'entreprise prépare aussi des solutions en vue d'améliorer le contrôle de qualité et les diagnostics par spirométrie, une technique de mesurage de la fonction et de la capacité pulmonaire. ArtiQ examine également si sa technologie pourrait être utilisée pour d'autres diagnostics et pour prescrire des traitements personnalisés.

Topalovic et ses associés ont fondé ArtiQ en tant qu'émanation (spin-off) de la KU Leuven et y ont injecté eux-mêmes quelque 100.000 euros. 'Nous nous sommes suffis à nous-mêmes grâce par exemple à l'argent que nous recevions, lorsque nous allions faire des conférences ou effectuer des missions de consultance', apprend-on. 'Lorsqu'une bourse VLAJO de 250.000 euros nous fut ensuite octroyée, nous avons réussi à développer plus avant notre produit dans le giron de Start It @KBC.'

Peu avant l'été, ArtiQ recueillit un million d'euros, de l'argent qui lui servira à faire face à une première croissance. Dans ce but, l'entreprise s'est tournée vers le KBC Focus Fund, le Gemma Frisius Fonds de la KU Leuven, l'UZ Leuven et l'investisseur privé Bart Swaelens. 'D'ici deux ans, nous pensons réaliser une autre phase de capitalisation, afin de pouvoir nous étendre également aux Etats-Unis et dans le reste du monde.'

ArtiQ

Siège social: Louvain

Nombre d'associés: 4

A la recherche de capital supplémentaire? Une nouvelle phase de capitalisation est prévue d'ici deux ans.

Site web: www.artiq.eu