Avec l'introduction d'iOS 12 à l'automne dernier, Apple propose désormais une fonction maison permettant aux utilisateurs de se tenir informés du temps qu'ils passent sur leur iPhone ou iPad. Depuis lors, l'entreprise a bridé 11 des 17 'screentime-trackers' et applis de contrôle parental les plus populaires. Certaines de ces applis ont été retirées de l'App Store, alors que d'autres ont été contraintes d'adapter certaines fonctionnalités, selon The New York Times.

"Apple démolit systématiquement cette industrie", se plaint Amir Moussavian, fondateur d'OurPact, dans le journal. Son appli de contrôle parental, téléchargée plus de 3 millions de fois, a été exclue de l'App Store en février.

'Ces applis collectaient trop d'informations'

Apple reconnaît avoir récemment supprimé plusieurs applis de ce genre, mais insiste sur le fait que cela n'avait rien à voir avec la concurrence qu'elles représentaient pour Screen Time. "Nous l'avons fait pour une raison toute simple: elles menaçaient le respect de la vie privée et la sécurité des utilisateurs", précise l'entreprise dans une réaction.

Selon Apple, ces applis utilisaient Mobile Device Management (MDM), "une technologie très invasive, qui donne à des tiers accès aux informations les plus sensibles d'un appareil, en ce compris l'emplacement de l'utilisateur, l'appli utilisée, les comptes e-mail, les références des appareils photo et l'historique de navigation". Cette technologie peut être utilisée sur des appareils professionnels, mais n'est pas conçue pour des applis de contrôle parental, apprend-on. "C'est incroyablement risqué et cela enfreint clairement les règles en vigueur dans l'App Store", affirme l'entreprise. "Une enquête a démontré que des profils MDM peuvent être exploités pour donner un accès à des pirates et ce, à des fins mal intentionnées. Personne, sauf vous-même, n'est autorisé à avoir un accès illimité en vue de gérer l'appareil de votre enfant."

Selon The New York Times, les applis ont été supprimées sans le moindre avertissement, mais Apple le dément. L'entreprise affirme au contraire en avoir informé les développeurs d'applis et leur avoir octroyé un délai de trente jours pour adapter leurs applis. "Un certain nombre de développeurs ont sorti des mises à jour, afin de rendre leurs applis conformes à notre politique. Ceux qui ne l'ont pas fait, ont été exclus de l'App Store."

Protection des utilisateurs ou abus de position dominante?

"Contrairement à ce qu'écrit The New York Times, ce n'est pas une question de concurrence, mais de sécurité", prétend Apple. Deux développeurs d'applis de contrôle parental, Kidslox et Qustodio, ne l'acceptent pas. Jeudi dernier, ils ont déposé une plainte auprès de la Commission européenne, parce qu'Apple abuserait de sa position dominante sur le marché.

En mars, la firme de sécurité Kaspersky, qui propose également une appli de contrôle parental, avait déjà introduit une plainte en Russie. Selon Kaspersky, Apple exerce une trop grande mainmise sur l'App Store. Spotify a également déposé une plainte auprès de la Commission européenne, parce qu'Apple favoriserait son propre service de diffusion musicale dans l'App Store.