Les centres de données sont répartis entre Tier 1 et Tier 4. Plus le chiffre est haut, plus la durée de fonctionnement garantie par l'infrastructure est longue, mais aussi plus cela nécessite d'investissements. Pour pouvoir assurer une durée de fonctionnement supérieure, le centre de données doit en effet être mieux préparé à une panne de courant par exemple. Pour cela, il doit atteindre un niveau de redondance élevé: pour chaque élément de ce centre de données, il doit y en avoir un second qui soit capable de reprendre le fonctionnement du premier en cas de problème. Tier 3 correspond à une disponibilité garantie de 99,9982 pour cent, soit 1,6 heure de durée d'arrêt maximum par an. Plusieurs centres de données belges offrent une infrastructure qui pourrait y satisfaire, mais aucun n'a encore pu le démontrer officiellement.

Cela devrait changer à présent. L'Uptime Institute, l'organisation qui fut à la base des différentes normes Tier, a en effet octroyé un certificat Tier 3 au concept d'un nouveau centre de données à Alost. LCL devient ainsi la première entreprise en Belgique à disposer de ce genre de garantie officielle Tier 3.

Il ne s'agit encore que d'un certificat pour le design du centre de données. Il s'avère nécessaire pour ensuite aussi obtenir une classification Tier 3 pour le bâtiment proprement dit. Une fois le centre de données terminé, l'Uptime Institute examinera encore une fois ce dernier à la loupe pour vérifier si cela correspond au concept.

Un investissement de 15,5 millions d'euros

LCL possède des centres de données en trois endroits: un à Anvers, qui fut étendu l'année dernière encore, un à Diegem, qui a été étendu il y a trois ans, et un à Alost. "Comme les sites des centres de données de LCL sont éloignés d'une distance suffisante, les clients peuvent parfaitement utiliser deux d'entre eux en tant que solution de sauvegarde", indique le directeur de LCL, Laurens van Reijen.

LCL a racheté le centre de données alostois en 2011 à la jeune entreprise Datacloud, alors qu'il n'était ouvert que depuis un an. A présent, le site va être fortement étoffé. Le centre de calcul occupera une superficie de quelque 1.950 mètres carrés, ce qui représente quasiment un triplement de l'espace du centre de données existant à Alost. La construction est en cours et sera terminée en 2020. LCL y injectera 15,5 millions d'euros. Ce montant inclut aussi l'achat du terrain adjacent "dans l'optique d'une nouvelle extension dans le futur".

Le marché belge des centres de données est clairsemé

"Ces dernières années, peu de nouveaux centres de données de cette taille ont été construits", déclare van Reijen. En comparaison avec les pays voisins, le marché belge est dès lors clairsemé sur le plan des centres de données certifiés Tier. Cela est dû à la surface étriquée de notre pays et à sa législation rigide (qui complique par exemple la vie des centres de données de se connecter à deux fournisseurs d'électricité). Initialement, Cegeka caressait le projet de mettre à niveau vers Tier 3 son centre de données implanté à Louvain, mais finalement, le fournisseur de services IT a décidé qu'il était plus intéressant de fermer le centre de calcul louvaniste et de déménager le tout dans le Limbourg néerlandais.

Une seconde raison est que les rares centres de données qui disposent bien d'une capacité Tier 3, n'ont pas sollicité de certificat, parce l'ensemble de l'audit n'est pas vraiment une sinécure. "Avant, comme c'étaient surtout les centres de données de banques qui étaient certifiés par l'Uptime Institute, les exigences étaient plutôt élevées. Aujourd'hui, les banques ne veulent plus consentir ces investissements pour des raisons budgétaires", ajoute encore van Reijen.