Rabaey était récemment en Belgique dans le cadre d'un doctorat honorifique à l'UHasselt. Durant son discours, il a abordé les liens entre les ordinateurs et le cerveau humain, les leçons que l'on peut tirer de la structure du cerveau pour améliorer le développement de systèmes qui ne s'arrêteraient par exemple pas en cas de panne.

Pourtant, un monde où notre cerveau pourra être lu n'est pas encore pour demain, contrairement à ce qu'affirme parfois Elon Musk et son entreprise Neuralink. "Evidemment, Elon est Elon. Mais la technologie progresse et se miniaturise. Chez Neuralink, on intègre plusieurs milliers d'électrodes les unes près des autres, avec une interface autour. Difficile de dire vers où cela va nous mener, mais la demande pour de tels développements existe."

Sur un plan pratique, Rabaey envisage plutôt des perspectives dans le médical, par exemple pour traiter Parkinson ou la maladie de Charcot. "Musk prétend que l'on pourra lire notre cerveau, mais cela va moins loin: n'en lire qu'une partie serait déjà formidable pour un patient atteint de la SLA."

Apprentissage machine

En revanche, Rabaey estime que l'intelligence machine représentera une percée plus importante. "Les progrès sont phénoménaux", mais la technologie progresse de manière sélective. "En principe, l'apprentissage machine est pratiquement n'importe où. Pourtant, la ML en est encore à ses balbutiements. Si un système a vu quelque chose, il peut s'en servir pour évoluer. Mais en dehors, il peut faire des choses très bizarres." Cela étant, Rabaey attend beaucoup d'évolutions en dehors de l'IT. "Tout ce qui tourne aujourd'hui autour de la pharmacie et de la chimie, tout ce qui concerne le CRISPR [couper l'ADN à un endroit précis pour éviter certaines maladies ou infections, NDLR] vont faire des progrès énormes et nous faciliter la vie."

Au niveau des ordinateurs, Rabaey constate que l'on vient d'appareils basés sur la carte perforée pour passer à des machines électroniques, puis des systèmes qui imitent en quelque sorte notre cerveau, entendez faire beaucoup de choses avec peu d'énergie et uniquement ce qui est nécessaire. Une évolution où l'on retrouve notamment des ordinateurs organiques, même si ceux-ci ne seront pas forcément plus performants.

"A terme, nous construirons des ordinateurs organiques. Il est possible de créer de l'ADN qui réagit à un autre ADN ou de la biologie synthétique qui génère des portes logiques avec des molécules. La question est de savoir à quoi cela peut servir. L'inconvénient de la chimie est qu'elle est très lente et que les processus sont fastidieux. Si l'on veut étudier une plante en utilisant une certaine intelligence qui indiquera si celle-ci a besoin de plus d'eau, c'est intéressant, surtout si c'est biodégradable. Mais si l'on exécute plusieurs tâches simultanément et que l'on flirte avec les limites techniques du possible, notamment en ayant recours au cloud, il est nettement préférable d'utiliser un ordinateur physique, même s'il faut prendre en compte le coût énergétique. En fonction du domaine, différentes solutions verront le jour."

Vêtements intelligents

Au niveau des appareils de la vie courante, Rabaey mise surtout sur les vêtements intelligents. "Je crois beaucoup à la percée des écouteurs intelligents. Ils sont proches de notre cerveau et peuvent devenir nettement plus complémentaires." Par ailleurs, il pense que les appareils médicaux et les écouteurs sans fil convergeront l'un vers l'autre. "Imaginez des écouteurs capables de restituer un son d'une qualité nettement meilleure lors d'un concert. Ou que vous ayez du beamforming où votre audition se tourne vers ce que sous regardez sans tout le bruit autour. Je pense que de telles technologies vont fortement évoluer."

Rabaey était récemment en Belgique dans le cadre d'un doctorat honorifique à l'UHasselt. Durant son discours, il a abordé les liens entre les ordinateurs et le cerveau humain, les leçons que l'on peut tirer de la structure du cerveau pour améliorer le développement de systèmes qui ne s'arrêteraient par exemple pas en cas de panne. Pourtant, un monde où notre cerveau pourra être lu n'est pas encore pour demain, contrairement à ce qu'affirme parfois Elon Musk et son entreprise Neuralink. "Evidemment, Elon est Elon. Mais la technologie progresse et se miniaturise. Chez Neuralink, on intègre plusieurs milliers d'électrodes les unes près des autres, avec une interface autour. Difficile de dire vers où cela va nous mener, mais la demande pour de tels développements existe." Sur un plan pratique, Rabaey envisage plutôt des perspectives dans le médical, par exemple pour traiter Parkinson ou la maladie de Charcot. "Musk prétend que l'on pourra lire notre cerveau, mais cela va moins loin: n'en lire qu'une partie serait déjà formidable pour un patient atteint de la SLA." En revanche, Rabaey estime que l'intelligence machine représentera une percée plus importante. "Les progrès sont phénoménaux", mais la technologie progresse de manière sélective. "En principe, l'apprentissage machine est pratiquement n'importe où. Pourtant, la ML en est encore à ses balbutiements. Si un système a vu quelque chose, il peut s'en servir pour évoluer. Mais en dehors, il peut faire des choses très bizarres." Cela étant, Rabaey attend beaucoup d'évolutions en dehors de l'IT. "Tout ce qui tourne aujourd'hui autour de la pharmacie et de la chimie, tout ce qui concerne le CRISPR [couper l'ADN à un endroit précis pour éviter certaines maladies ou infections, NDLR] vont faire des progrès énormes et nous faciliter la vie." Au niveau des ordinateurs, Rabaey constate que l'on vient d'appareils basés sur la carte perforée pour passer à des machines électroniques, puis des systèmes qui imitent en quelque sorte notre cerveau, entendez faire beaucoup de choses avec peu d'énergie et uniquement ce qui est nécessaire. Une évolution où l'on retrouve notamment des ordinateurs organiques, même si ceux-ci ne seront pas forcément plus performants. "A terme, nous construirons des ordinateurs organiques. Il est possible de créer de l'ADN qui réagit à un autre ADN ou de la biologie synthétique qui génère des portes logiques avec des molécules. La question est de savoir à quoi cela peut servir. L'inconvénient de la chimie est qu'elle est très lente et que les processus sont fastidieux. Si l'on veut étudier une plante en utilisant une certaine intelligence qui indiquera si celle-ci a besoin de plus d'eau, c'est intéressant, surtout si c'est biodégradable. Mais si l'on exécute plusieurs tâches simultanément et que l'on flirte avec les limites techniques du possible, notamment en ayant recours au cloud, il est nettement préférable d'utiliser un ordinateur physique, même s'il faut prendre en compte le coût énergétique. En fonction du domaine, différentes solutions verront le jour." Au niveau des appareils de la vie courante, Rabaey mise surtout sur les vêtements intelligents. "Je crois beaucoup à la percée des écouteurs intelligents. Ils sont proches de notre cerveau et peuvent devenir nettement plus complémentaires." Par ailleurs, il pense que les appareils médicaux et les écouteurs sans fil convergeront l'un vers l'autre. "Imaginez des écouteurs capables de restituer un son d'une qualité nettement meilleure lors d'un concert. Ou que vous ayez du beamforming où votre audition se tourne vers ce que sous regardez sans tout le bruit autour. Je pense que de telles technologies vont fortement évoluer."