Près de sept employés belges sur dix dans le secteur IT belge estiment que leur employeur actuel leur offrira de meilleures chances d’augmentation en 2026 que s’ils changeaient de job. Moins d’un tiers d’entre eux pensent cependant qu’ils seraient mieux lotis ailleurs, selon le Guide des salaires 2026 du spécialiste du recrutement Robert Half.
Aux Etats-Unis, on parle depuis un certain temps de ‘The Big Stay’, une tendance qui voit de plus en plus d’employés privilégier la stabilité offerte par leur employeur actuel. Si cette tendance ne s’est pas encore pleinement répandue en Belgique, les chercheurs affirment que les chiffres du Guide des salaires montrent que les employés belges sont également plus conscients des avantages de rester en place. L’étude a été menée en mai et juin auprès de 1.500 personnes à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie.
Guerre des talents
‘Rester fidèle à son entreprise peut être bénéfique, même dans les secteurs de l’IT et du numérique, où une guerre des talents pour de nombreux profils est toujours vive’, explique Wout Van de Wijer, manager chez Robert Half. ‘Cet avantage ne se résume pas forcément à une augmentation de salaire. Il est tout aussi important pour les entreprises d’offrir d’autres formes de reconnaissance. Pensez à des responsabilités accrues, à une évolution de carrière ou à un impact plus grand sur l’organisation.’
Il est frappant de constater que plus de la moitié (59 pour cent) des répondants ont indiqué que leur salaire avait effectivement augmenté lors de leur dernier changement d’emploi. Changer d’emploi peut donc encore et toujours s’avérer financièrement intéressant, notamment pour certaines fonctions. Prenons l’exemple d’informaticiens possédant des connaissances spécialisées dans des domaines tels que la cybersécurité, le cloud ou l’IA.
Marché plus calme
‘Mais en général, nous constatons que les employés réfléchissent toujours plus longtemps avant de changer de travail. Le marché s’est clairement un peu calmé après quelques années intenses’, explique Van de Wijer.
Selon le manager, la situation est tout autre pour les entreprises à la recherche de nouveaux talents. ‘Elles sont à nouveau confrontées à un marché du travail tendu, et il devient de plus en plus difficile de pourvoir les postes vacants’, explique-t-il. Le spécialiste du recrutement constate que les entreprises optent donc de plus en plus souvent pour des solutions temporaires. ‘Elles recrutent d’abord des employés temporaires parfois surqualifiés, puis recherchent une solution à long terme. Il s’agit souvent de profils juniors ou de personnes moins expérimentées, formées pour le poste. Ainsi, les opportunités de croissance de l’organisation ne sont pas entravées.’