Le réseau social X d’Elon Musk a annoncé mercredi avoir déployé des mesures pour ‘empêcher’ son outil d’intelligence artificielle Grok de ‘déshabiller’ des ‘personnes réelles’, y compris pour les abonnés payants, en réponse à une vague d’indignation mondiale et à la pression d’autorités de plusieurs pays.
“Nous avons mis en place des mesures technologiques pour empêcher Grok de permettre l’édition d’images de personnes réelles dans des tenues révélatrices, comme des bikinis“, a communiqué le réseau social d’Elon Musk sur sa plateforme. “Cette restriction s’applique à tous les utilisateurs, y compris les abonnés payants”, précise le message.
Bien que X affirme imposer des restrictions à “tous les utilisateurs”, la plateforme ajoute ensuite avoir mis en place un blocage géographique là où la loi l’exige, laissant planer une incertitude sur l’universalité ou non de ces mesures techniques.
Le chatbot Grok génère de milliers d’images à connotation sexuelle par heure
Quelques heures plus tôt, l’UE et le Royaume-Uni avaient salué avec prudence l’annonce de mesures supplémentaires, mais qui n’avaient pas encore été rendues publiques ni détaillées. “Nous évaluerons attentivement ces changements afin de nous assurer qu’ils protègent efficacement les citoyens de l’Union européenne”, avait déclaré Thomas Regnier, un porte-parole de la Commission européenne. Selon le porte-parole, “si ces changements n’étaient pas effectifs, la Commission n’hésiterait pas à utiliser tout” son arsenal législatif, qui lui permet d’infliger des astreintes financières, voire de suspendre le réseau social sur le sol européen.
Grok visé par le régulateur britannique pour ses images ‘à caractère sexuel’
“J’ai été informé ce matin que X agit pour assurer une totale conformité avec la législation britannique”, avait déclaré avant lui le Premier ministre britannique Keir Starmer devant son Parlement. “Si c’est le cas, c’est une bonne chose, mais nous ne reculerons pas et ils doivent agir”, avait-il mis en garde, rappelant que l’enquête indépendante ouverte lundi par une autorité de régulation britannique se poursuivait. Comme depuis le 9 janvier, la génération d’images avec Grok reste limitée aux abonnés payants, confirme la communication de X.
Début janvier, la plateforme avait affirmé “prendre des mesures contre les contenus illégaux”, notamment pédopornographiques, “en les supprimant, en suspendant définitivement les comptes et en collaborant avec les autorités locales”. Mais elle était restée silencieuse ensuite malgré la multiplication des protestations officielles et l’ouverture d’enquêtes judiciaires ou administratives.
Elon Musk, qui s’exprime publiquement tous les jours sur X, dénonce régulièrement les mesures de régulation prises par les gouvernements, les accusant de vouloir “supprimer la liberté d’expression”. Il affiche sa volonté d’offrir une intelligence artificielle “anti-woke”, libérée du politiquement correct, rejetant la responsabilité sur les utilisateurs.
Toute personne utilisant Grok, assistant IA développé par xAI, pour “créer du contenu illégal subira les mêmes conséquences que si elle mettait en ligne du contenu illégal”, s’était-il défendu la semaine dernière dans un message posté sur X.