Le MR a avancé lundi une septantaine de propositions pour stimuler l’usage et le développement de l’intelligence artificielle (IA) afin de placer la Belgique parmi les pays en pointe en la matière.
‘L’ambition est de faire de la Belgique un acteur majeur de l’IA’, a commenté le président des libéraux francophones, Georges-Louis Bouchez, lors d’une conférence de presse organisée au siège du parti avec plusieurs ministres libéraux.
A l’heure où les États-Unis et la Chine s’affrontent à coups de milliards de dollars pour le leadership mondial en la matière, le Vieux continent adopte trop souvent un regard négatif envers l’IA, déplore le MR.
Inverser la vapeur
‘L’intelligence artificielle est une révolution industrielle plus importante que celle du XIXe siècle. Rater ce virage, c’est prendre le risque de se faire imposer la souveraineté d’autres pays (…) et devenir une zone en retard économique’, craint le Montois.
Pour inverser la vapeur, le MR entend stimuler la formation et le recours aux outils d’IA tous azimuts, que ce soit à l’école, dans les entreprises, les administrations publiques, mais également dans le secteur de la santé, de la sécurité, de l’énergie, etc.
Selon les libéraux, l’IA permettra d’y assurer une gestion plus efficace, moins coûteuse. Elle libèrera aussi de nombreux travailleurs de tâches administratives répétitives, ce qui leur permettra de se concentrer sur des activités à dimension plus humaine.
Comme lors des précédentes révolutions industrielles, certains métiers seront inévitablement appelés à disparaître mais d’autres verront le jour grâce à l’IA, veulent rassurer les libéraux.
Ceux-ci n’ont pas chiffré le coût de leur plan en 70 points mais estiment de toute façon que l’essentiel des investissements devra être assuré par le secteur privé.
Centaines de milliards
‘L’Etat n’a pas la capacité de faire les investissements nécessaires. On parle ici de centaines de milliards!’, rappelle M. Bouchez. ‘L’Etat peut par contre créer un cadre favorable à l’investissement en capital-risque, offrir des garanties à des partenariats public-privé, passer des commandes publiques auprès d’acteurs,…’, fait-il valoir.
Celui-ci appelle dans la foulée à ‘faire évoluer’ les règles européennes en matière de concurrence pour favoriser les investissements et permettre l’émergence de géants européens d’IA tels qu’on a pu le faire en son temps avec Ariane (espace) ou Airbus (aéronautique).
Selon M. Bouchez, les (énormes) capitaux nécessaires à l’éclosion en Belgique ou en Europe d’acteurs de premier plan en matière d’IA sont bel et bien disponibles chez nous. ‘Le problème, c’est que toutes ces (grandes) familles, ces structures, préfèrent aujourd’hui investir leur argent à l’étranger…’, déplore M. Bouchez
Pour le libéral, la solution pour rapatrier ces investissements au bénéfice d’une IA locale tient dès lors en deux points: moins de taxe et moins de régulation.