Une enquête qui s'éternise

12/09/08 à 10:00 - Mise à jour à 09:59

Source: Datanews

Il y a exactement un an, Data News titrait que le directeur Eddy Muylaert du service Télématique de la police fédérale était compromis dans une affaire de corruption passive en matière d'adjudications.

Il y a exactement un an, Data News titrait que le directeur Eddy Muylaert du service Télématique de la police fédérale était compromis dans une affaire de corruption passive en matière d'adjudications.

C'était le petit syndicat de la police Sypol qui avait tiré la sonnette d'alarme sur les renseignements d'un indicateur. "Vu la lenteur intolérable du ministre de l'Intérieur et de ses collaborateurs immédiats vis-à-vis du volet 'police', nous nous sommes vu contraints d'informer les autorités judiciaires", y déclarait-on. Selon les accusations, Muylaert aurait bénéficié d'avantages en nature lors d'achats effectués par son service. La plainte du syndicat déboucha sur une enquête avec à la clé des perquisitions au service Télématique et à quelques adresses privées.

Etant donné la présomption d'innocence, Muylaert ne fut pas suspendu par Fernand Koekelberg, le commissaire général, à présent lui-même compromis, mais dans l'attente des résultats de l'enquête judiciaire, il fut pourtant mis en disponibilité. "Le directeur ne fit même pas l'objet d'une suspension disciplinaire par la police, contrairement à d'autres personnes moins bien placées et ayant nettement moins de choses à se reprocher", maugrée Eddy Lebon de Sypol. Un an plus tard, l'enquête se poursuit encore et toujours chez le juge d'instruction Anciaux, nous confirment les porte-parole de la police fédérale et du parquet de Bruxelles. Aucun autre détail n'a filtré.

Sous réserve des résultats de l'enquête, les syndicats sont furieux rien qu'à l'idée d'une fraude éventuelle. "Ces pratiques écoeurantes portent atteinte au personnel de la police", écrivait Lebon, il y a quelques mois, dans une publication de Sypol. "Certains dirigeants de la police fédérale respectent de toute évidence davantage les entreprises privées, dont ils défendent les intérêts, que la police et leurs collègues. Nous estimons que d'énormes montants ont été gaspillés par incompétence et/ou malhonnêteté, ce qui nous a coûté des hommes, des moyens d'action ou des gratifications, comme la prime Copernic qui nous a été refusée par nos ministres de tutelle. Le plus grave encore, c'est qu'à cause de quelques ripoux au sein de nos services, des budgets qui auraient pu servir à la sécurité du personnel de police, ont été dilapidés. Nous vérifierons dès lors aussi si nous pouvons nous porter partie civile contre ceux qui ont été soudoyés, corrompus ou qui ont rendu des services d'ami discutables."

De notre rubrique Data News hebdomadaire 'Un an plus tard'.

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