Les contrôleurs à la consommation: 'Des jouets connectés à internet espionnent vos enfants'

07/12/16 à 10:49 - Mise à jour à 10:49

Les contrôleurs à la consommation ont lancé une mise en garde à propos de possibles fuites de données causées par des jouets pour enfants connectés à internet. Ces jouets afficheraient des failles dans le domaine du respect de la vie privée et de la sécurité.

Les contrôleurs à la consommation: 'Des jouets connectés à internet espionnent vos enfants'

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Les contrôleurs ciblent Genesis Toys, l'entreprise qui a notamment lancé sur le marché la poupée "My Friend Cayla" et le robot "i-Que". Via ces jouets, des tiers pourraient sans trop de difficultés entrer en contact avec les enfants, selon l'organisation européenne des consommateurs Beuc ce mardi.

Lorsque "Cayla" par exemple est en ligne, les enfants peuvent poser des questions à la poupée. Une appli spéciale convertit la parole de l'enfant en texte, cherche une réponse sur internet et fait répondre la poupée. Selon les organisations de défense des droits des consommateurs, quasiment tout un chacun se trouvant non loin de la poupée et disposant d'une connexion Bluetooth peut établir une connexion avec elle et ainsi communiquer avec les enfants.

Problèmes de respect de la vie privée

En outre, il y a également des problèmes de respect de la vie privée, apprend-on. Tout ce que les enfants racontent à la poupée, est transféré à l'entreprise américaine Nuance et peut-être aussi à d'autres. Le jouet pourrait aussi exposer les enfants à du marketing caché par des phrases préprogrammées liées à certaines marques.

Les contrôleurs à la consommation écrivent dans leur plainte que les enfants doivent être protégés contre ces pratiques. Si des entreprises veulent ajouter ce genre de fonctions à leurs jouets, il convient, selon eux, de prendre mieux en compte la sécurité et la vie privée des enfants.

En Belgique

En Belgique, l'offre de ce type de jouets est encore assez limitée, mais il est possible d'en commander en ligne. Test-Achats tire d'ores et déjà la sonnette d'alarme. L'organisation a transmis les résultats de l'étude au SPF Economie et à la Commission vie privée, "afin que les conditions générales illégales de ces jouets, leurs infractions au respect de la vie privée et leur manque de sécurité soient appréhendés dès le début", peut-on lire dans un communiqué de presse.

Le secrétaire d'Etat en charge du respect de la vie privée Philippe De Backer soutient l'initiative: "Quelques limites éthiques et légales sont ici transgressées", estime le politicien Open Vld. De Backer entend aussi développer un certain nombre de normes de qualité: "Dans le futur, il devra être clair pour le consommateur à quelles normes 'privacy' les jouets interactifs, mais aussi d'autres 'choses connectées' devront satisfaire, afin que les consommateurs - surtout les parents d'enfants - puissent faire un choix en toute connaissance de cause au moment des achats de cadeaux de Saint-Nicolas."

(Belga/WK)

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