Le FBI a craqué l'iPhone sans l'aide d'Apple et renonce donc au procès

29/03/16 à 13:10 - Mise à jour à 13:39

Les autorités américaines sont parvenues à récupérer les données de l'iPhone verrouillé de l'un des tireurs de San Bernardino et abandonnent donc les poursuites juridiques entamées à l'encontre d'Apple. Voilà ce qu'annonce le procureur fédéral américain.

Le FBI a craqué l'iPhone sans l'aide d'Apple et renonce donc au procès

© Reuters

Les autorités ont réussi dans leur tentative "grâce à une intervention extérieure d'un tiers" dont l'identité n'a pas été révélée, comme il ressort d'un communiqué de la procureure fédérale de Californie, Eileen Decker. Elle fait aussi savoir qu'elle a demandé au tribunal d'annuler l'injonction judiciaire obligeant Apple à aider les enquêteurs à craquer l'iPhone.

Le mois dernier, un juge avait en effet contraint Apple à aider les autorités à accéder aux données contenues sur l'iPhone de Syed Rizwan Farook qui, le 2 décembre conjointement avec sa femme, avait tué 14 personnes à San Bernardino près de Los Angeles.

Le FBI s'était pendant un mois répandu dans les médias à propos du fait qu'il avait besoin d'Apple pour déverrouiller l'iPhone, mais comme on s'y attendait, cette prise de position ne semble pas correcte. Divers experts avaient en effet déjà indiqué que le service de renseignements pouvait y arriver de lui-même, alors que plusieurs entreprises lui avaient proposé leur aide. Même si aucun nom n'a été officiellement cité, l'on pense que c'est l'entreprise israélienne Cellebrite qui a finalement permis de pénétrer sans encombre dans l'iPhone.

Le juge avait demandé à Apple de trouver une façon de contourner le logiciel qui supprime les données stockées sur l'iPhone 5C après 10 tentatives de saisie du mot de passe. Le service de renseignements souhaitait donc qu'Apple prévoie une sorte de porte d'accès dérobée. Mais le directeur d'Apple, Tim Cook, refusa, ce qui généra un combat juridique et un débat de société quant à l'accès ou non à des données à des fins judiciaires.

Selon Cook, ce genre de porte dérobée allait rendre chaque iPhone peu sûr du fait qu'elle pourrait s'appliquer à l'ensemble de ces appareils. Il craignait que le FBI tente de créer un précédent en intentant un procès à Apple, ce qui aurait permis à ce qu'on puisse accéder aux iPhone dans d'autres affaires. Le téléphone qui a à présent été déverrouillé par le FBI, tourne en outre sur une ancienne version d'iOS, le système d'exploitation mobile de l'entreprise. iOS 9.3, la version actuelle, ne serait pas piratée, mais Apple a déjà annoncé vouloir améliorer encore davantage la sécurité de ses téléphones à l'avenir.

(Belga/WK)

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