La Commission européenne veut mettre fin aux mentions des cookies

11/01/17 à 13:01 - Mise à jour à 13:01

Les internautes ne devront plus indiquer sur chaque site web visité, s'ils acceptent l'utilisation des cookies (mouchards). La Commission européenne propose en effet que les utilisateurs ne soient plus obligés d'approuver le recours aux cookies qui n'enfreignent pas le respect de la vie privée, mais qui sont simplement utilisés pour faire correctement fonctionner un site web ou une appli.

La Commission européenne veut mettre fin aux mentions des cookies

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Grâce aux cookies, les serveurs connaissent le comportement de navigation des internautes. Ils veillent à ce que les données de login et les paramètres ne doivent pas être saisis chaque fois, mais ce faisant, ils interviennent aussi quelque peu au niveau de la confidentialité des utilisateurs. Surtout du fait que les cookies sont exploités par des entreprises dans le but d'envoyer des messages publicitaires ciblés. Les règles européennes stipulent par conséquent que les sites web sont tenus de demander chaque fois à leurs visiteurs leur autorisation pour utiliser ces mouchards - une exigence qui porte sur les nerfs de pas mal d'entre nous.

La Commission entend à présent adapter les règles en matière de cookies. Désormais, lors de l'installation d'un navigateur, il sera demandé aux utilisateurs s'ils acceptent ou refusent les cookies permanents qui collectent des données personnelles. Il s'agit là des cookies qui tiennent à jour leur comportement de navigation en ligne.

Les sites web qui utilisent des cookies pour des raisons purement pratiques, par exemple pour tenir à jour le contenu d'un caddie de magasin ou pour pouvoir compléter des formulaires en ligne comptant plusieurs pages, ne devront plus donner d'autorisation explicite.

Nouvelles règles en matière de confidentialité et de données

La proposition de la Commission s'inscrit dans un vaste ensemble de nouvelles règles en matière de confidentialité et de protection des données. Concrètement, les règles s'appliquant aux entreprises télécoms traditionnelles seront adaptées et élargies à de nouveaux acteurs dans le domaine de la communication en ligne, tels WhatsApp, Facebook Messenger, Skype et Gmail. Il n'y aura pas que le contenu des messages électroniques qui sera sécurisé, mais aussi les métadonnées telles des lieux et des dates. Sans autorisation explicite, elles ne pourront plus être traitées ou utilisées pour des messages publicitaires ciblés.

Selon les entreprises elles-mêmes, les nouvelles règles, qui devront certes encore être agréées par les pays membres et le Parlement européen, vont leur coûter de l'argent. C'est en effet grâce à la vente des données d'utilisateurs qu'elles peuvent proposer leurs services gratuitement, apprend-on.

Le secrétaire d'Etat en charge du respect de la vie privée Philippe De Backer (Open Vld) a déjà réagi de manière enthousiaste à la proposition de la Commission. Les nouvelles règles protègeront la confidentialité en cette ère numérique actuelle et donneront confiance au consommateur, a-t-il déclare dans un tweet.

Pas encore de loi

Conjointement avec le ministre des télécoms Alexander De Croo (Open Vld), De Backer regrette le fait que la Commission ne sorte pas une initiative légale qui fixe le principe de la libre circulation des données en Europe et supprime "les contrôles frontaliers numériques superflus". Notre pays mais aussi plusieurs autres avaient pourtant plaidé dans ce sens, selon lui. Surtout des petits états comme la Belgique auraient beaucoup à y gagner sur le plan économique. La Commission a calculé que la plus-value économique totale pour l'Union européenne pourrait atteindre 8 milliards d'euros par an.

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