Des panneaux publicitaires espionnent les usagers des trains néerlandais

05/09/17 à 13:51 - Mise à jour à 13:51

Aux Pays-Bas, c'est l'émoi qui règne, après qu'il est apparu que des caméras intégrées à des colonnes publicitaires numériques enregistrent combien de temps les usagers des trains regardent les publicités dans les gares. Des informations relatives au sexe et à l'âge des personnes sont également transmises, selon divers journaux néerlandais.

Des panneaux publicitaires espionnent les usagers des trains néerlandais

© ANP

L'émotion règne sur les médias sociaux à propos de caméras intégrées à des panneaux publicitaires dans la gare d'Amersfoort. Les chemins de fer néerlandais ont ensuite confirmé que ces caméras enregistrent effectivement combien de personnes passent devant ces panneaux, combien en regardent les publicités et quel est leur sexe et leur âge. Selon RTL-Z, l'opération s'effectue au moyen d'un logiciel de l'entreprise Quividi.

L'exploitant des colonnes publicitaires est le leader du marché Exterion, qui gère pas moins de 650 écrans numériques rien que dans la gare d'Amsterdam Centraal. Depuis le début de l'année, l'entreprise a équipé ses panneaux publicitaires d'une caméra. "A Amsterdam Centraal, nous disposons aujourd'hui de 35 écrans du genre", explique Guy Grimmelt d'Exterion à NOS.

La majeure partie des panneaux ne fonctionne pas encore. Il s'agit d'un test. "Le logiciel que nous utilisons pour les caméras, est très coûteux. Nous ne l'utilisons donc pas partout", déclare Gimmelt. Tel est aussi le cas de la colonne publicitaire à Amersfoort, celle-là même qui a provoqué l'émoi.

Respect de la vie privée

Selon les chemins de fer néerlandais, les enregistrements n'enfreignent pas la loi sur le respect de la vie privée. Il n'empêche que l'Autoriteit Persoonsgegevens mène l'enquête. Les critiques ne manquent en tout cas pas à propos de ces panneaux publicitaires intelligents. "Les chemins de fer néerlandais empochent de l'argent en attirant les usagers du train vers des écrans publicitaires, mais refuse d'en assumer la responsabilité", écrit Ton Siedma de Bits of Freedom. Sur Twitter, les défenseurs du respect de la vie privée appellent à recouvrir les caméras par du ruban adhésif.

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