Comment la technologie de la chaîne de blocs pourra aider à éviter la prochaine crise du fipronil

23/08/17 à 11:18 - Mise à jour à 11:18

Le géant technologique IBM et un groupe d'entreprises alimentaires et de détaillants, dont Dole, Nestlé, Unilever et Walmart, vont développer une un réseau 'blockchain' afin de tracer la chaîne de distribution alimentaire mondiale. Voilà qui devrait accroître la sécurité de cette dernière.

Comment la technologie de la chaîne de blocs pourra aider à éviter la prochaine crise du fipronil

© IBM

Depuis quelques semaines, le sujet est sur toutes les lèvres: la crise du fipronil a démontré clairement l'importance d'une chaîne alimentaire sûre et les effets profonds que peut avoir le moindre accro dans celle-ci. Et le fait que dans ce cas, il y ait de si nombreux acteurs impliqués - les producteurs d'oeufs, plusieurs pouvoirs publics, les instances de contrôle et le consommateur - rend l'affaire d'autant plus compliquée.

La traçabilité alimentaire paraît souvent malaisée dans la pratique. Cela est dû à un manque de transparence: il peut s'écouler des semaines, avant d'identifier le moment précis de la contamination, ce qui a souvent un impact extrême: gaspillage alimentaire, abattages inutiles et coût économique des actions de rappel.

La technologie de la chaîne de blocs, qui veille à ce que toutes les informations de l'ensemble des acteurs concernés soient disponibles de manière transparente, peut être une solution. Pour améliorer la traçabilité et les informations sur la sécurité alimentaire, un groupe d'entreprises de l'industrie en question conclut par conséquent une collaboration 'blockchain' avec IBM.

Mode de fonctionnement

On connaît surtout la chaîne de blocs comme étant la technologie sous-jacente à la monnaie numérique Bitcoin. Sa maintenance est assurée par un réseau d'ordinateurs qui tiennent à jour de manière indélébile toutes les transactions. Il n'y a dès lors plus besoin d'une autorité centrale telle une agence alimentaire, pour en garantir la fiabilité.

Pour faire court, voici comment cela fonctionnera: au moment où une poule pondra un oeuf, le producteur d'oeufs ou l'aviculteur l'enregistrera. Tel sera le premier maillon de la chaîne de blocs. Lorsque cet oeuf arrivera ensuite dans un centre de distribution, il sera scanné. Cette nouvelle information (intégrant la date et les conditions de transport) sera ajoutée en tant que nouveau maillon à la chaîne de blocs. Il en ira de même chez le détaillant. Chaque nouveau maillon capitalisera sur le précédent. Un réseau d'ordinateurs contrôlera si les données sont correctes, après quoi il enregistrera définitivement les transactions pout tout un chacun. Personne ne pourra plus par la suite changer ou supprimer encore un fragment de l'information.

Plus possible de bidouiller

Voilà qui devrait empêcher tout bidouillage. En outre, grâce à cette technologie, la durée de collecte de l'information correcte pourra être ramenée de 7 jours à 60 minutes. Les entreprises alimentaires pourront ainsi rapidement tracer la source des produits contaminés et en limiter la distribution.

Les producteurs, fournisseurs, conditionneurs, distributeurs, détaillants, instances de contrôle et consommateurs auront en effet en une seule fois accès à l'information disponible sur la provenance et sur l'état des denrées alimentaires pour leurs transactions. Le groupe intégrant notamment Dole, Nestlé, Unilever et Walmart va collaborer avec IBM en vue d'identifier les composants les plus urgents de la chaîne de distribution alimentaire internationale, auxquels la chaîne de blocs pourrait s'appliquer.

Utile aussi pour d'autres industries

La nature transparente et décentralisée de la technologie n'exerce pas un impact profond que pour l'industrie alimentaire. C'est ainsi qu'IBM annonce aujourd'hui aussi une plate-forme par laquelle la technologie de la chaîne de blocs est accessible via le nuage pour d'autres industries et entreprises. Cette plate-forme capitalise sur le service 'cloud' public de l'entreprise, sur base duquel le géant technologique américain est aussi en train de mettre au point un réseau 'blockchain' pour KBC. Précédemment déjà, IBM avait introduit des solutions pour les grossistes en fleurs et pour le secteur logistique.

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