BigChainDB rend le principe de la chaîne de blocs évolutif

24/06/16 à 13:08 - Mise à jour à 13:08

Source: Datanews

Un filigrane pour oeuvres d'art numériques basé sur le principe de la chaîne de blocs : c'est le concept mis au point par la start-up berlinoise Ascribe pour conquérir le monde. "Ce n'est pas la technologie qui est complexe, mais le fait de devoir apprendre à penser autrement."

BigChainDB rend le principe de la chaîne de blocs évolutif

© DN

Ascribe se décrit elle-même comme un notaire de la propriété in-tellectuelle numérique. La start-up dote les oeuvres d'art numériques d'un filigrane codé sur une chaîne de blocs, ce qui permet aux artistes de réclamer facilement leurs droits d'auteur. "Sur l'Internet, les oeuvres des artistes sont constamment copiées sans qu'ils soient rémunérés ou qu'ils bénéficient d'une quelconque reconnaissance", explique le Belge Dimitri De Jonghe. Lors de son doctorat à la KUL, De Jonghe est entré en contact avec le cofondateur d'Ascribe, Trent McConaghy et travaille désormais comme développeur clé pour l'entreprise. "Lorsque l'on code une oeuvre d'art sur une chaîne de blocs, il est possible non seulement de la réclamer, mais aussi de décider à qui l'on veut donner une licence, poursuit-il. En outre, on crée ainsi des pièces uniques et on peut retrouver l'origine d'une photo ou d'une musique. Un lien direct se crée entre le consommateur et le créateur, ce qui est exactement le but recherché."

BigChainDB

Entre-temps, Ascribe a connu une belle évolution et sa priorité concerne désormais un projet secondaire. "Nous avons des clients qui nous envoyaient des milliers de photos par jour pour les coder, mais nous utilisions une chaîne de blocs bitcoin qui n'était en mesure que de traiter quelques transactions par seconde. Ce n'était pas très convivial et nous avons donc décidé de construire nous-mêmes une base de données évolutive intégrant les caractéristiques d'une chaîne de blocs : BigChainDB."

Le prototype de cette base de données BigChain-database est entre-temps au point. "La grande différence avec une chaîne de blocs bitcoin est que notre base de données supporte 100.000 transactions par seconde, explique encore le développeur. Et puisque les données sont indexées comme dans une base de données classique, il est possible de faire des recherches sans devoir scanner l'ensemble de la chaîne de blocs."

"Notre projet BigChainDB est entièrement open source et nous essayons maintenant de bâtir une communauté, poursuit encore De Jonghe. Certaines choses intéressantes ont d'ailleurs déjà vu le jour, comme IPDB Foundation, une base de données interplanétaire qui se veut un outil d'enregistrement de l'ensemble des commons culturels du monde entier."

Interledger

L'équipe d'Ascribe est d'ailleurs l'un des fondateurs d'Interledger, un protocole d'échange transparent entre différentes chaînes de blocs. "On peut considérer Interledger comme l'Internet des chaînes de blocs, sourit De Jonghe. Nous utilisons Interledger pour notre BigChainDB, ce qui rend notre BD très ouverte à d'autres chaînes de blocs. Supposons que vous vouliez télécharger une musique avec un filigrane qui est couplé à la base de données IP BigChain d'Ascribe. Grâce à Interledger, vous pouvez facilement associer cette chaîne de blocs IP à une chaîne de blocs financière (ether, bitcoin), ce qui permet à la fois d'échanger de la propriété intellectuelle et en même temps de verser de l'argent à l'artiste en question. Ainsi, les artistes et les consommateurs peuvent partager de la musique en toute honnêteté, de la fair trade music, sans devoir faire intervenir un tiers. Il s'agit là également d'un domaine que souhaiterait explorer Ascribe."

De Jonghe souligne encore que la difficulté d'une chaîne de blocs n'est pas la technologie proprement dite, mais l'obligation de devoir penser autrement dans un monde décentralisé. "Quels sont les actifs possibles sur une chaîne de blocs ? Quels jetons peuvent-ils être échangés ? Je conseille à nos établissements d'enseignement de prévoir un cours de chaîne de blocs, afin que les étudiants s'approprient cette - nouvelle - manière de penser."

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