Le nouveau plan mettra l'accent sur l'intelligence artificielle et les données, et déploiera des actions de sensibilisation au numérique tous azimuts et plus particulièrement dans le secteur de la construction, l'industrie et les administrations. Ces dernières vont voir arriver à leur tête un haut fonctionnaire CIO chargé de changer les mentalités...
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Le nouveau plan mettra l'accent sur l'intelligence artificielle et les données, et déploiera des actions de sensibilisation au numérique tous azimuts et plus particulièrement dans le secteur de la construction, l'industrie et les administrations. Ces dernières vont voir arriver à leur tête un haut fonctionnaire CIO chargé de changer les mentalités... Pierre-Yves Jeholet : " Il ne s'agit pas de réinventer l'eau chaude. Nous agissons en continuité avec le plan en y ajoutant quelques nuances et autres orientations. La priorité a été donnée à la sensibilisation, à la formation et à l'investissement dans la connectivité du territoire. En ce sens, l'accord sur la taxe régionale sur les pylônes GSM recommandé par le Conseil du Numérique est très important car il permet aux opérateurs mobiles d'investir dans le haut débit. Je regrette ainsi que certaines provinces continuent à percevoir cette taxe. C'est plusieurs millions d'euros qui ne sont pas investis dans la connectivité. Les démonstrateurs 4.0 sont un autre exemple de mesure concrète. La Région wallonne va investir plusieurs millions d'euros pour former des agents qui vont pouvoir sensibiliser les entreprises du secteur de la construction et de l'industrie aux atouts de la digitalisation, des 'big data' et de l'Internet des objets. Ce sont souvent des entreprises des petite taille. Les PME sont les moteurs de l'activité économique en Wallonie. Il est crucial qu'elles prennent le train de la transition numérique. On a également travaillé à rattraper le retard pris dans le secteur de l'enseignement dans le développement avec la mise en place de Kodo Wallonie qui pratique de l'initiation au code en dehors des périodes scolaires. On a installé des classes de codage à Charleroi et à Liège. Pour le reste, il revient au Conseil du Numérique de monitorer l'état d'avancement des 50 mesures prévues dans Digital Wallonia et à l'Agence du Numérique de les mettre en oeuvre. " Le 6 décembre dernier, Pierre-Yves Jeholet a présenté une note en conseil des ministres définissant les priorités de la stratégie numérique des 5 prochaines années. " On ne part pas d'une page blanche. On poursuit la stratégie initiée en y intégrant l'intelligence artificielle et les données. On a un gros travail de sensibilisation à faire auprès des entreprises, du citoyen et des fonctionnaires. J'ai été assez stupéfait de l'état d'avancement de la digitalisation de l'administration wallonne. Si on compare à la Flandre, on se dit qu'on a encore du travail. Je pense qu'il y a une prise de conscience des services administratifs et une envie d'avancer, mais comme trop souvent en Wallonie, on a tendance à faire cela chacun de son côté. Si on travaille à la transformation numérique de façon cloisonnée, cela ne va pas fonctionner. D'où l'importance d'un CIO unique qui aura pour tâche de faire évoluer les mentalités pour insuffler une véritable évolution digitale au sein de l'administration wallonne. Le Conseil du Numérique réclamait cette mesure. C'est chose faite ! " Au niveau de l'enseignement également, le bât blesse aux yeux du ministre du Numérique. " C'est un constat amer. Le pacte d'excellence fait une quasi totale impasse sur le numérique. Or si on veut généraliser l'apprentissage du code dès le plus jeune âge, il faut l'intégrer dans celui-ci. La Région wallonne a fait des efforts importants en matière de financement des équipements. Il faut que la Fédération Wallonie Bruxelles suive en matière de formation et d'accompagnement. On ne peut pas se satisfaire d'un enseignement du numérique qui ne démarre qu'à partir du secondaire ou du supérieur. " Pour le reste rien de nouveau on l'a dit. Cinq secteurs (le numérique en tant que tel, l'économie, l'administration, le territoire et les compétences) auxquels s'ajoutent 3 priorités : le gaming, l'intelligence artificielle et les données. Les priorités seront, le ministre y tient, choisies en concertation avec les acteurs de terrain. " On ne porte pas une stratégie sans l'adhésion du secteur. C'est en ce sens que nous avons réuni en août dernier 145 'Digital Wallonia Champions', des ambassadeurs du numérique en Wallonie, chefs d'entreprise, start-upeurs, formateurs, coachs, universitaires, etc.) pour une université d'été. Leurs idées, leurs réflexions, leurs priorités vont compter dans Digital Wallonia. " L'un de ces ambassadeurs a été, comme chaque année, récompensé du Digital Wallonia start-up of the Year Award. Trois nominés étaient en liste. ALX Systems pour un système d'exploitation qui fait appel à l'IA pour piloter des drones et des véhicules autonomes. La solution a été récemment primée par l'OTAN. En lice également, Prospect.io pour sa plate-forme SaaS d'automatisation des processus de vente et e-Peas pour ses microsystèmes permettant de déployer des solutions de capteurs sans-fil basse énergie, un projet notamment financé par le fonds W.IN.G by Digital Wallonia et par The Faktory. C'est e-Peas qui a été choisi comme lauréat 2018. Commentaire de son fondateur, Geoffroy Gosset, qui a reçu le trophée des mains de Pierre Yves Jeholet : " Notre technologie permet de prolonger la durée de vie des batteries qui équipent les objets connectés. En récupérant l'énergie environnante de ceux-ci, qu'elle soit solaire, hydraulique ou qu'il s'agisse de vibrations ou d'onde, pour alimenter les micro-batteries, on travaille à aboutir à une autonomie complète des équipements. "