Frederik Tibau
Frederik Tibau
est rédacteur chez Data News.
Opinion

05/02/14 à 11:59 - Mise à jour à 11:59

Pourquoi Microsoft doit ressembler davantage à Google

Microsoft doit suivre Google. En écrivant cela, je ne veux pas dire que les troupes du frais émoulu CEO Satya Nadella doivent miser tout sur le nuage car l'on en est déjà bien conscient à Redmond. Mais Microsoft doit avoir la riposte nettement plus rapide. L'entreprise doit de nouveau oser prendre des risques, un peu à l'instar de Google.

Pourquoi Microsoft doit ressembler davantage à Google

Microsoft doit suivre Google. En écrivant cela, je ne veux pas dire que les troupes du frais émoulu CEO Satya Nadella doivent miser tout sur le nuage car l'on en est déjà bien conscient à Redmond. Mais Microsoft doit avoir la riposte nettement plus rapide. L'entreprise doit de nouveau oser prendre des risques, un peu à l'instar de Google.

Croyez-le ou non, mais Microsoft investit également dans la robotique, le secteur automobile et les maisons intelligentes. L'entreprise injecte même 10 milliards de dollars par an dans la R&D. En guise de comparaison, Google ne dépense 'que' 8 milliards de dollars dans la recherche et le développement.

Mais le fait est que l'entreprise de Larry Page a entre-temps fait rouler des voitures autonomes, consenti beaucoup d'efforts pour intégrer Android dans la voiture et a déjà commercialisé des lunettes intelligentes. Dans le secteur résidentiel, ce n'est pas Microsoft qui a racheté le thermostat intelligent Nest, mais bien Google.

Qu'a donc fait Steve Ballmer? Il a absorbé la division des smartphones de Nokia dans une tentative désespérée de pouvoir encore représenter quelque chose sur le marché mobile. Le rachat de Skype peut être considéré dans la même perspective.

Microsoft doit toujours plus souvent effectuer des manoeuvres de rattrapage, parce que des idées intéressantes ne peuvent quasiment jamais compter sur un soutien suffisant et sont donc condamnées à échouer (souvenez-vous du fait que Microsoft ait, bien avant Apple, préparé une tablette, mais ne l'a jamais lancée sur le marché).

Une illustration à la fois évidente et récente de la manière dont la lourde bureaucratie chez Microsoft continue de lui mettre des bâtons dans les roues, n'est autre que l'histoire de Babak Parviz, un chercheur bien connu de l'université de Washington, qui avait, conjointement avec Microsoft, mis au point une lentille de contact capable de mesurer les valeurs de sucre dans le sang. "Une idée unique", pouvait-on lire sur les blogs de Microsoft.

Lorsqu'il prit conscience que son concept avait chez Google une chance d'être converti en un produit à la consommation, il tourna le dos à Microsoft et s'en alla chez Google, où il aboutit du reste dans l'équipe des Google Glass. Lorsqu'il est question de créations d'avenir, Google s'avère une entreprise nettement plus attractive que Microsoft.

Satya Nadella a intérêt à en être bien conscient dans sa nouvelle fonction de CEO de Microsoft. La grande question est de savoir si l''insider' qu'il est, osera balancer par-dessus bord la bureaucratie existant dans l'entreprise et/ou y passer un grand coup de balai. N'aurait-il pas mieux valu dès lors confier Microsoft à un 'outsider'?

Quoi qu'il en soit, la question principale que notre homme doit se poser, c'est de savoir si avec Microsoft, il souhaite réellement reprendre la tête du peloton technologique. Si la réponse à cette question est positive, il devra rapidement changer son fusil d'épaule. Et si la réponse est négative, Microsoft restera un suiveur et envisagera assurément encore un avenir comme fournisseur d'infrastructures rentable.

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