Obama qualifie l'IT gouvernementale américaine d'atroce

02/05/11 à 10:38 - Mise à jour à 10:38

Source: Datanews

Alors qu'il se croyait à l'abri des oreilles indiscrètes, le président Obama a qualifié l'IT gouvernementale américaine d'atroce et ce dans toutes les organisations publiques.

Obama qualifie l'IT gouvernementale américaine d'atroce

Alors qu'il se croyait à l'abri des oreilles indiscrètes, le président Obama a qualifié l'IT gouvernementale américaine d'atroce et ce dans toutes les organisations publiques.

Obama y est allé récemment de cette remarque à Chicago, lors d'une rencontre privée en vue de récolter des fonds électoraux, mais en raison d'un microphone resté ouvert, les journalistes présents l'ont parfaitement entendue. Dans sa condamnation, il visait non seulement le Pentagone (le ministère américain de la défense), Homeland Security (en charge de la chasse aux terroristes), mais aussi toutes les institutions gouvernementales. Le mécontentement d'Obama à l'égard de l'ICT gouvernementale est connu depuis longtemps déjà et en 2009, il engagea Vivek Kundra au poste de CIO du gouvernement fédéral. Depuis lors, Kundra n'a pas non plus épargné ses critiques en particulier vis-à-vis des entreprises qui laissent longtemps traîner de grands projets et les rendent ainsi incroyablement onéreux, alors que les résultats ne répondent même pas encore aux besoins. Dans un premier temps, ordre fut donné l'année dernière déjà de geler le développement de 30 projets d'une valeur de quelque 3 milliards de dollars.

Le chief performance officer fédéral, Jeff Zients, souligne que le gouvernement américain accuse beaucoup de retard par rapport aux entreprises en matière d'augmentation de la productivité grâce à l'ICT. Mais il aussi déjà pu présenter un aperçu de la manière dont du progrès a été enregistré ces derniers mois dans l'exécution du 'plan en 25 points' de Vivek Kundra. Celui-ci prévoit notamment la fermeture d'ici fin 2015 de 800 centres de données gouvernementaux (sur un total de quelque 2.100 - un nombre qui a crû de manière gigantesque en comparaison avec les 432 centres de 1998). En outre, Kundra exige une approche 'cloud first' de l'ICT gouvernementale, alors que de grandes quantités de boîtes mail et d'applications (comme les logiciels collaboratifs) ont déjà été transférés dans un environnement de nuage. Des mesures éventuelles en matière de sécurité doivent être examinées au cas par cas, mais il est convaincu qu'elles ne seront pas aussi importantes qu'on l'imagine souvent.

Malgré des aspects américains spécifiques, le 'plan en 25 points' apparaît en Belgique également, respectivement dans les différentes régions de notre pays, comme une intéressante source d'inspiration. Assurément moins pour les CIO qui sont déjà actifs dans les services publics tant fédéraux que communautaires (et qui sont généralement bien en place) que pour les hommes politiques (qui y trouvent une ICT gouvernementale plus moderne et plus efficiente). Dans le passé, l'on a déjà assez souvent suggéré que notre pays et ses régions ont besoin de CIO publics de coordination, et la pratique aux Etats-Unis semble étayer une telle approche. Même s'il est préférable que les réformes soient effectuées de bas en haut (bottom up) ou de haut en bas (top down), ces mêmes CIO devraient pouvoir tracer des lignes stratégiques claires et mettre au pied du mur tant les informaticiens gouvernementaux de mauvaise volonté que les entreprises indolentes. Il est manifeste cependant qu'il y a eu dans le passé en Belgique suffisamment de projets publics désastreux pour que la remarque d'Obama soit parfaitement d'application dans notre pays aussi.

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