Le système des SMS sauve des mères et des enfants en Afrique

24/09/14 à 14:35 - Mise à jour à 14:35

Source: Datanews

A l'aide de SMS, du GPS et de Google Maps, des médecins parviennent depuis peu à sauver la vie de femmes et d'enfants dans des régions reculées de l'extrême nord du Cameroun.

Le système des SMS sauve des mères et des enfants en Afrique

© iStock

Jusqu'il y a peu, l'aide arrivait souvent trop tard, voire pas du tout, lorsque des complications se présentaient à l'accouchement.
"Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis heureuse", déclare Marceline Duba de Lagdo dans l'extrême nord du Cameroun, alors qu'elle tient son petit fils dans ses bras. "Je suis quasiment sûre que l'enfant et peut-être aussi ma fille ne seraient plus de ce monde, si le docteur n'avait pas été là."

M-Health

Ce médecin s'appelle Patrick Okwen. Il est coordinateur de M-Health, un projet soutenu par le fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et axé sur l'utilisation de la technologie mobile dans les soins de santé.

Selon Tetanye Ekoe, vice-président de l'Ordre National des Médecins au Cameroun, il y a dans ce pays environ 1 médecin pour 40.000 habitants. Dans les régions reculées, comme l'extrême nord et les régions de l'est, c'est souvent 1 médecin pour 50.000 habitants.

Okwen était encore en train de tester le système des SMS à Lagdo, lorsque la fille de Duba, Sally Aishatou, était prête à accoucher. Il reçut via l'hôpital du district de Lagdo un texto d'Aishatou. Après 48 heures, il n'y avait toujours pas de signe tangible que le bébé allait naître.

GPS

"Lorsqu'une femme envoie un SMS à notre numéro, l'emplacement GPS apparaît sur le serveur, qui tente alors automatiquement de repérer l'endroit précis et ce, via Google Maps. Le chauffeur de l'ambulance sait ainsi où il doit se rendre. Le système appelle aussi automatiquement un médecin et renseigne des infirmières/infirmiers. Tout le monde est donc au courant", affirme Okwen.

Okwen et le chauffeur ont ainsi réussi à trouver la maison d'Aishatou. A leur arrivée, Sally était couchée à même le sol, quasiment inconsciente. Durant le laps de temps mis par l'ambulance pour revenir à l'hôpital, la salle d'opérations était prête, et l'accouchement a pu se faire immédiatement. Huit minutes plus tard, un petit garçon en bonne santé de 4,71 kilos voyait le jour.

"Je suis contente", déclare la sage femme Manou Djakaou. "Il s'agit là d'un système très efficient. Avant son existence, la mère et l'enfant étaient perdus dans une telle situation."

Deux heures après l'accouchement, Sally Aishatou avait repris des forces. Elle appela son fils Okwen, d'après le nom du médecin.

Problème de communication

Selon l'Unicef, 670 femmes sur 100.000 meurent au Cameroun lors de l'accouchement. "Cela nous préoccupe énormément. Mais avec la venue de la technologie mobile, il y a à présent de l'espoir pour les femmes en Afrique", affirme Okwen. "La plupart d'entre elles ont actuellement accès à un téléphone mobile: soit le leur, soit celui de leur mari, soit encore celui d'un voisin. Le fait que le téléphone soit utilisé à bon escient, afin que l'ambulance soit envoyée à l'endroit voulu, c'est un fameux progrès."

Okwen ajoute encore qu'une centaine de femmes ont déjà reçu de l'aide d'une manière ou d'une autre grâce à ce projet. Elles obtiennent des informations, de l'aide lors de l'accouchement et sont transportées à l'hôpital ou, si besoin est, on leur fait une césarienne.

Pour Mama Abakai, bourgmestre de Lagdo, le projet a de très importants effets: "Nombre de nos soeurs, épouses et mères meurent à la campagne. Elles souffrent beaucoup à cause d'un problème de communication. Avant, une intervention médicale rapide était pratiquement impossible. Avec ce système, il suffit d'envoyer un SMS ou uniquement un signal. Cela permet de mobiliser les personnes voulues pour prodiguer leur aide. C'est fantastique!" (IPS)

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